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La Commission d’enquête de l’ONU veut empêcher que les crimes commis dans l’est de la RDC sombrent dans l’oubli

Réunie ce lundi 29 juin au Palais des Nations, en marge de la 62ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, la Commission d’enquête indépendante sur les violations commises dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu a dressé un premier bilan de sa mission en République démocratique du Congo, tout en appelant à une mobilisation internationale pour préserver les preuves des crimes et protéger les victimes.

Organisée autour du thème « Documenter les crimes, protéger les civils », cette rencontre a réuni commissaires, organisations internationales et représentants de la société civile congolaise engagés dans la documentation des violations des droits humains.

Près d’un an et demi après la résolution du Conseil des droits de l’homme créant la Commission d’enquête, ses membres ont présenté les premiers enseignements de leur récente mission à Kinshasa. Malgré un contexte sécuritaire particulièrement dégradé qui n’a pas permis leur déploiement dans les zones les plus touchées de l’est du pays, ils ont réaffirmé leur détermination à conduire une enquête indépendante, rigoureuse et impartiale.

« Notre mandat est d’établir les faits, de documenter les violations, d’identifier les responsables présumés lorsque cela est possible, de préserver les éléments de preuve et de contribuer aux futurs mécanismes de justice », a rappelé l’un des commissaires. Il a insisté sur trois principes qui guideront les travaux de la Commission : l’indépendance de l’enquête, la protection des victimes et des témoins, ainsi que la conservation des preuves indispensables à la lutte contre l’impunité.

Les commissaires ont également rendu hommage aux organisations congolaises qui poursuivent leur travail de documentation malgré les risques. Défenseurs des droits humains, journalistes, acteurs humanitaires et représentants de la société civile demeurent, selon eux, des partenaires essentiels pour établir les responsabilités dans un conflit où les violations du droit international humanitaire continuent d’être rapportées quotidiennement.

Le témoignage d’Évariste Iragi, représentant de l’organisation Haki Zangu basée à Goma, est venu illustrer cette réalité. Il a décrit le dispositif mis en place par son organisation pour recueillir les informations au cœur même des zones sous occupation : un réseau de défenseurs locaux, des analystes chargés de vérifier les témoignages, une base de données sécurisée et une coopération étroite avec les structures médicales afin d’identifier les victimes de torture ou de violences sexuelles. Un travail minutieux, conduit dans un environnement où les risques de représailles demeurent permanents.

Au-delà du constat, les intervenants ont insisté sur un message commun : sans collecte méthodique des preuves, sans protection des témoins et sans soutien durable aux organisations locales, les perspectives de justice risquent de s’éloigner.

La Commission d’enquête entend désormais poursuivre ses investigations et espère pouvoir se rendre prochainement à Goma et dans d’autres localités de l’est de la RDC. Son objectif reste inchangé : empêcher que les violations des droits humains commises dans cette région ne soient banalisées, préserver les éléments de preuve avant qu’ils ne disparaissent et préparer les conditions d’une future reddition des comptes.

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