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Un bouleversement géopolitique sans précédent est en cours depuis la guerre en Ukraine, le 7 octobre, le second mandat de Trump et la guerre d’Iran

Le bombardement de l’immeuble de la télévision nationale iranienne à Téhéran.

Une séquence ouverte par la guerre en Ukraine marque un bouleversement géopolitique dont on mesure mal l’ampleur aujourd’hui. Elle est aussi importante sans doute que celle de la révolution islamique iranienne de 1979 et la prise d’otages américains à l’ambassade de Téhéran, la guerre d’Afghanistan et le terroriste salafiste mondial(11 septembre 2001) ou l’effondrement de l’Union soviétique et de ses satellites et la réunification de l’Allemagne à partir de 1989.

Le droit d’envahir un pays voisin

La guerre en Ukraine, d’abord, est la plus grave remise en cause de l’ordre international et des règles mises en place au sortir de la Deuxième guerre mondiale. Un pays, la Russie, a envahi son voisin l’Ukraine, sur des prétextes fallacieux et multiplié les crimes de guerre dans une perspective de génocide, confirmée par les déclarations du président russe pour qui l’Ukraine n’existe pas et l’enlèvement d’enfants aux fins de les russifier. Ce retour de l’ambition impériale de Poutine en Europe a non seulement mis à terre le droit international mais il a poussé les pays européens à engager un réarmement après 80 ans de paix.

L’attaque du Hamas, le 7 octobre 2022, tuant et enlevant des civils, torturés ou exécutés pour certains, a aussi eu pour conséquence de faire prendre conscience à Israël que sa survie était en jeu. L’offensive à Gaza et contre le Hezbollah en réponse à l’attaque terroriste a conduit le gouvernement israélien à s’en prendre à l’arc chiite, puisque dernière la volonté de la destruction d’Israël se trouve principalement la puissance iranienne.

Le droit d’assassiner un chef d’Etat

La guerre en cours menée par Israël et les Etats-Unis a commencé par un dangereux précédent, l’assassinat d’un chef d’Etat, en l’occurence, Ali Khamenei, le Guide Suprême de la République islamique. Quel chef d’Etat de ce monde peut désormais ne pas imaginer qu’une puissance de la planète pourrait s’en prendre à sa vie? Dans ces conditions, la place de la diplomatie paraît bien réduite. La volonté d’annihiler le projet d’accession à l’arme nucléaire et le potentiel balistique de l’Iran s’il va à son terme, ce qui est probable, va réduire l’influence de l’Iran au Moyen-Orient et pas seulement.

Après l’affaiblissement du Hamas, du Hezbollah libanais, la chute de Bachar el Assad, alaouite (proche des chiites) en Syrie provoqué par des milices islamistes sunnites, et la guerre du Yémen dont les Houtis chiites sont des alliés de Téhéran, l’Iran se trouve bien seul. Cela ne veut pas dire que sa capacité de nuisance est réduite, car depuis 1979, le terrorisme mondial est une des armes du régime des mollahs. En outre, la culture chiite du martyr pourrait pousser des membres des minorités des pays de la région et ailleurs à passer à l’action. Un premier attentat a d’ailleurs eu lieu aux Texas, faisant deux morts.

Le droit de trahir ses alliances

Pour les pays du Golfe qui se retrouvent ciblés par la riposte iranienne, c’est la fin de l’insouciance incarnée par ses influenceurs tout à coup plongés dans la réalité du conflit armé. Pour les Emirats dont les 9 dixièmes de la population sont étrangers, c’est un coup dur qui, s’il se prolonge, peut vider le pays. Pour tous ces pays, c’est aussi l’occasion de tester les engagements de leurs alliances, du parapluie américain (peu présent) et de l’engagement de la France en vertu de ses traités de défense.

Le second mandat de Trump est enfin à lui tout seul, un bouleversement majeur. Dans sa conduite mercantile des relations internationales, sa trahison d’anciennes alliances, notamment avec les pays d’Europe, et des opérations comme celles menées au Nigéria, au Venezuela (avec l’enlèvement du président Madura, un autre précédent!) et en Iran dont on peut penser qu’elles visent aussi à assécher les sources de pétrole au grand rival, la Chine, puisque ces pays sont ses fournisseurs pour faire tourner une économie du bas coût qui bouleverse aussi les économies occidentales, remet la force au centre des relations internationales. Pour l’autre puissance mondiale, la Chine, c’est aussi un signal. Les règles ont changé et la République populaire pourrait à son tour jouer cette dangereuse partition.

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