
Naïm Qassem, secrétaire général du Hezbollah libanais.
«Nous avons permis à l’État libanais, par l’intermédiaire de ses institutions, d’assurer le déploiement de l’armée libanaise au sud du Litani ; quinze mois de diplomatie n’ont rien donné et Israël n’a pris aucun engagement. Les autorités font concession après concession, et je les invite à revenir sur ces décisions dangereuses» Ces mots du secrétaire général du Hezbollah, Naïm-Qassem, le 24 mai, sont clairs et ne laisse aucun doute sur les intentions du mouvement chiite, implanté dans le Sud Liban et proxie de l’Iran.
«J’appelle le gouvernement libanais à revenir sur les décisions qu’il a prises visant à limiter les détentions d’armes à l’État. Les récentes sanctions américaines visent à exercer une pression, reflétant une incapacité à atteindre leurs objectifs. Les autorités libanaises sont responsables de la souveraineté et de la protection du pays. Respectent-elles donc les dispositions de la Constitution à ce suje?» Pas question donc de désarmer. Mais Naïm-Qassem va plus loin. Il est prêt à renverser le gouvernement libanais.
«Si ce gouvernement est incapable d’assurer la souveraineté, qu’il s’en aille. Les armes resteront entre nos mains jusqu’à ce que l’État libanais soit en mesure de remplir son devoir. Les négociations directes sont totalement inacceptables. Abandonnez les négociations directes, ne cédez pas aux exigences des États-Unis et revenez à l’entente nationale, car vous n’obtiendrez rien.»
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a aussitôt réagi aux propos de Naïm Qassem:
«Nous condamnons l’appel imprudent du Hezbollah visant à renverser le gouvernement libanais démocratiquement élu. Le Hezbollah a ignoré les appels du gouvernement libanais à respecter le cessez-le-feu et cherche à plonger à nouveau le Liban dans le chaos et la destruction.
Le Hezbollah et Israël veulent poursuivre la guerre
Le Hezbollah a continué à tirer sur des positions israéliennes et à déplacer des combattants vers le sud.
Les États-Unis se dise t aux côtés du gouvernement légitime libanais dans ses efforts pour restaurer son autorité et construire un avenir meilleur pour tous ses citoyens. «Les menaces violentes du Hezbollah ou ses tentatives de renverser le gouvernement ne seront pas tolérées. L’ère où un groupe terroriste retenait tout un pays en otage touche à sa fin».
À Damas, on prend très au sérieux les menaces de Naïm Qassem contre le gouvernement libanais.
Damas, n’est pas disposé à laisser Beyrouth redevenir une carte dans la main de Téhéran. Par conséquent, toute aventure intérieure pourrait ouvrir la porte à une explosion plus vaste, aussi bien au Liban qu’en Syrie, et jusqu’en Irak, dont il serait difficile de contrôler les conséquences.
La déclaration de Naim Qassem vise-t-elle à faire capoter les tractations entre l’Iran et les Etats-Unis pour rallumer le feu au Moyen Orient? Le régime iranien n’est peut être pas en accord avec le jusqu’au-boutisme de Naïm Qassem, ou il est plus conscient du danger pour le Hezbollah. Cherchant à sauver son proxie libanais, Teheran prétend qu’un éventuel accord concerne aussi le Hezbollah.
Les Etats-Unis, de leur côté, affirment que le désarmement du Hezbollah et des mandataires iraniens sont des sujets qui seront discutés dans des «négociations secondaires».
Le désarmement du Hezbollah se fera par le biais d’une «stratégie parallèle» aux efforts de l’État libanais
Les efforts de désarmement du Hezbollah seront indépendants de tout accord nucléaire américano-iranien.Il est clair que les Etats-Unis veulent laisser les mains libres à Israël pour éliminer le danger sécuritaire que représente le Hezbollah.
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et Naïm Qassem veulent tout deux poursuivre les affrontements. Et peu importe les conséquences désastreuses pour le Liban. Fort du feu vert donné par Donald Trump pour anéantir le Hezbollah, Netanyahou a ordonné le lancement de l’opération «Flèches de feu» en annonçant que ce serait la plus grande opération militaire contre la milice chiite libanaise. L’opération visera des commandants et des personnalités influentes dans le cadre d’une série de raids continus pendant des jours. L’opération sera puissante et a pour but déclaré d’écraser définitivement le Hezbollah. L’armée a d’ailleurs commencé la mobilisation du service de réserve pour intensifier ses opérations au Pays du Cèdre.





