À l’issue d’une conférence de presse organisée vendredi pour dresser le bilan de sa participation à AI for Good, le Geneva AI Governance Institute (GAIGI) estime avoir franchi un cap dans son développement. En cinq jours, la jeune fondation genevoise a réuni une centaine de participants, une vingtaine d’intervenants internationaux et multiplié les productions audiovisuelles. Au-delà du bilan chiffré, cette semaine marque surtout la montée en puissance d’un acteur qui entend apporter à la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle une approche plus agile, collaborative et résolument tournée vers l’action.
C’est au terme d’une semaine particulièrement dense que le Geneva AI Governance Institute (GAIGI)a convié les médias à une conférence de presse afin de dresser le bilan de son action en marge du sommet AI for Good, organisé à Palexpo sous l’égide de l’Union internationale des télécommunications (UIT).
Face aux journalistes, le directeur exécutif de la fondation, Axel Mazolo, est revenu sur cinq jours d’échanges qui auront mobilisé deux équipes : l’une chargée de couvrir l’événement officiel au travers d’interviews, de reportages et de productions audiovisuelles, l’autre dédiée à l’animation du Geneva AI Trust House (GAITH), où se sont succédé débats, consultations et rencontres entre experts internationaux.
Au total, six sessions thématiques auront réuni près d’une centaine de participants et une vingtaine d’intervenants autour des grands enjeux de la gouvernance de l’intelligence artificielle.
« Nous avons mené six sessions, réuni une centaine de participants et une vingtaine d’intervenants. L’idée était de produire un contenu qualitatif en préparation du sommet mondial de l’année prochaine, en recueillant les préoccupations et les attentes de cet écosystème », a expliqué Axel Mazolo.
Une équipe qui fonctionne comme une start-up
Derrière ce bilan se dessine surtout une méthode de travail.
Autour d’Axel Mazolo, une équipe resserrée a coordonné pendant plusieurs mois la préparation de cette semaine, assurant simultanément l’organisation des débats, la production de plus d’une quarantaine de contenus audiovisuels, les interviews de personnalités internationales et les échanges avec les différents partenaires.
Cette organisation légère, inspirée des méthodes des start-up, constitue aujourd’hui l’une des singularités du GAIGI.
Dans un domaine où les évolutions technologiques se succèdent à un rythme inédit, la fondation fait le pari qu’il est possible d’appliquer à la gouvernance internationale une capacité d’adaptation, de coordination et de production beaucoup plus rapide que celle des mécanismes institutionnels traditionnels.
L’objectif n’est pas de se substituer aux organisations internationales, mais de créer un espace capable de rapprocher rapidement les acteurs, de faire émerger des convergences et de produire des propositions concrètes.
« Nous nous sommes toujours positionnés sur un axe de coordinateur », rappelle Axel Mazolo.
« Ce qui est important, c’est de regrouper les acteurs afin d’identifier leurs forces, leurs faiblesses et de les valoriser. Notre rôle est de rassembler les personnes autour d’une même table afin de produire un contenu de qualité. »
Des intervenants de premier plan
La crédibilité acquise par le GAIGI tient également au niveau des personnalités réunies durant cette semaine.
Les différentes sessions ont rassemblé des représentants des autorités genevoises, du secteur privé, du monde académique, des organisations internationales et des médias.
Parmi les principaux intervenants figuraient notamment Vincent Subilia, directeur général de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG), Alexandre Epalle, directeur général de l’Office cantonal de l’économie et de l’innovation de l’État de Genève, Caroline Vuillemin, directrice générale de la Fondation Hirondelle, Alexandre Vautravers, directeur scientifique du Collège des hautes études de stratégie et de défense, Jérôme Duberry, spécialiste de la diplomatie numérique au Geneva Graduate Institute, ainsi que Dr Anino Emuwa, fondatrice de 100 Women @ Davos, venue partager son expérience des enjeux internationaux de gouvernance et de leadership.
Les travaux consacrés au Global South ont également donné la parole à Priya Pansare, membre du conseil consultatif du GAIGI et représentante du World Trade Center Mumbai, à Mohammed Khalil, président de MoroccoAI, au professeur Yale Li, président exécutif de la World Digital Technology Academy, ainsi qu’à Muhammadou M.O. Kah, représentant permanent de la Gambie auprès des Nations unies à Genève.
Cette diversité d’intervenants illustre l’ambition de la fondation de faire dialoguer des univers qui, jusqu’à présent, travaillaient souvent de manière parallèle : diplomates, entreprises technologiques, chercheurs, organisations internationales, médias et représentants du Sud global.
Produire des solutions plutôt que des déclarations
Les échanges organisés tout au long de la semaine ont fait émerger une conviction largement partagée : les débats internationaux sur l’intelligence artificielle doivent désormais déboucher sur des résultats tangibles.
« Toutes les personnes que nous avons entendues ont exprimé le même souhait : parvenir à un livrable concret », a souligné Axel Mazolo.
Selon lui, les attentes diffèrent selon les acteurs : les entreprises souhaitent des règles plus lisibles, les pays du Sud demandent une gouvernance plus inclusive et les institutions internationales recherchent des mécanismes de coopération plus efficaces.
Le défi consiste désormais à transformer ces attentes en propositions opérationnelles.
Une reconnaissance institutionnelle qui marque un changement d’échelle
Cette semaine aura également été marquée par une annonce importante pour le développement du GAIGI.
La fondation a officiellement obtenu son statut de fondation d’utilité publique, une reconnaissance qui constitue une étape majeure dans son évolution.
Pour une structure encore récente, cette reconnaissance dépasse largement le cadre administratif. Elle vient conforter la crédibilité acquise ces derniers mois auprès des autorités publiques, des organisations internationales et de ses partenaires.
« Nous avons eu cette semaine la bonne nouvelle d’obtenir officiellement notre statut de fondation d’utilité publique. C’est une mission qui nous tient particulièrement à cœur, car ce que nous faisons possède une véritable valeur d’utilité publique. Nous le faisons pour Genève, pour la Genève internationale, mais également pour le reste du monde », a déclaré Axel Mazolo.
Cette évolution intervient alors que la fondation élargit progressivement son réseau international. Durant AI for Good, le GAIGI a également annoncé la signature d’un protocole d’accord avec une organisation étrangère, première étape d’une coopération appelée à se renforcer dans la perspective du Sommet mondial sur l’intelligence artificielle de 2027.
Une dynamique désormais tournée vers 2027
Pour le directeur exécutif du GAIGI, la semaine écoulée constitue avant tout le point de départ d’un travail appelé à se poursuivre jusqu’au Sommet mondial sur l’IA qui se tiendra en Suisse l’an prochain.
« Nous aimerions surtout nous assurer qu’une coordination soit la plus effective possible et que la Suisse puisse réellement se positionner, après le sommet, comme un lieu où les discussions sur la gouvernance de l’intelligence artificielle continuent. »
Avant d’ajouter :
« Il faut un endroit formel où les gens puissent venir discuter de gouvernance. »
À l’heure où l’intelligence artificielle progresse à un rythme qui bouscule les cadres traditionnels de décision, le GAIGI fait le pari qu’une structure légère, entrepreneuriale et capable de fédérer rapidement les expertises peut compléter utilement les mécanismes classiques de la diplomatie multilatérale.
Sans prétendre se substituer aux institutions internationales, la jeune fondation genevoise semble progressivement trouver sa place dans un paysage où la rapidité de coordination, la capacité à créer des passerelles entre les acteurs et la production de solutions concrètes deviennent des conditions essentielles pour construire une gouvernance internationale de l’intelligence artificielle à la hauteur des défis qui s’annoncent.