L’Arabie Saoudite fait face à plusieurs menaces tout au long de ses frontières et côtes maritimes, à l’Est, au Nord et au Sud.

À l’Est, c’est le Golfe arabique (persique) qui inquiète Riyad. Pour l’instant, ce front est en sommeil agité mais l’Arabie saoudite s’attend, en cas de reprise du conflit entre l’Iran et les Etats-Unis à une reprise des attaques de missiles et de drones vers les centres névralgiques du pays parmi lesquels les sites énergétiques, les aéroports et les bases militaires. L’Arabie saoudite s’attend également à des attaques de la part de la marine iranienne via le Golfe arabique, sous la forme de vagues de vedettes de guerre de diverses tailles à l’assaut de ses côtes.
À sa frontière avec le Yémen au sud, le danger vient des rebelles chiites Houthis soutenus par l’Iran. Les affrontements le long de la frontière accidentée entre les deux pays durent depuis longtemps. La défense saoudienne dans ce secteur repose majoritairement sur des mercenaires étrangers payés par l’Etat saoudien mais peu motivés.
De leur côté, les Houthis ne cessent de renforcer leurs effectifs dans les provinces d’al-Jawf, Saada (bastion des Houthis) et Hodeïda, port important contrôlé par les Houthis sur la mer rouge.
Information encore plus inquiétante, des rapports arabes récents des services de renseignement ont évoqué l’arrivée d’éléments iraniens sur la côte ouest du Yémen, près du détroit de Bab el-Mandeb.
Selon ces rapports, des éléments de la «Force Al-Qods», la force d’élite du Corps des Gardiens de la révolution islamique chargée des opérations extérieures, sont arrivés, aux côtés d’experts étrangers de nationalité inconnue, dans des zones sous le contrôle des Houthis au Yémen. Certains d’entre eux, seraient entrés via des ports non officiels de la province de Hodeïda, à bord de bateaux de contrebande en provenance de la Corne de l’Afrique, tandis que d’autres se sont déployés dans des régions comme Hodeïda, Haja et l’île de Kamaran.
L’arrivée d’éléments de la «Force Al-Qods» dans cette zone dans le but de perturber la navigation n’a pas seulement des implications militaires, mais aussi des répercussions économiques et maritimes majeures, surtout pour l’Arabie saoudite.
Le Canal de Suez, la mer rouge, le pipeline de Sumed et le détroit de Bab el Mandeb constituent, selon l’Administration américaine de l’information sur l’énergie, des itinéraires stratégiques pour les expéditions de pétrole et de gaz saoudiens. Au cours du seul premier trimestre 2026, environ 2,9 milliards de mètres cubes de gaz naturel ont transité quotidiennement par le détroit, contre environ 400 millions de mètres cubes par jour durant la même période de l’année 2025.
Au Nord, la situation n’est pas meilleure qu’au sud. La longue frontière entre l’Arabie saoudite et l’Irak est poreuse. De l’autre côté de la frontière, les régions irakiennes sont contrôlées par les groupes armés chiites irakiens pro-iraniens. Même les régions autrefois sunnites, comme le Anbar, ont été violemment vidées de leurs habitants par les milices chiites pour les peupler de familles chiites. Les groupes armés chiites irakiens procèdent régulièrement à des tirs de missiles et de drones kamikazes vers l’Arabie saoudite et le Koweit.
Jusqu’à présent, ces groupes armés chiites, qui ont joué un rôle crucial dans la lutte contre Daech, sont pour la plupart incorporés aux forces de sécurité irakiennes, ce qui complique encore la situation. C’est pourquoi le Royaume d’Arabie Saoudite renforce actuellement ses forces armées et se prépare à affronter des scénarios d’attaques terrestres et navales à fronts multiples.




