Article de Céline Tabou en partenariat avec Chine Magazine

Vue de Taipei, capitale de Taïwan.
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, Taïwan occupe une place particulière dans les relations internationales. Petite île d’Asie orientale, peuplée d’environ 23 millions d’habitants, elle se trouve au cœur d’un affrontement stratégique majeur opposant deux grandes puissances : la République populaire de Chine et les États-Unis d’Amérique. Si Taïwan ne représente qu’un territoire limité par sa superficie, son importance géopolitique, économique et symbolique dépasse largement ses frontières.
La question taïwanaise est avant tout héritée de l’histoire de la Chine contemporaine. Elle résulte de la guerre civile chinoise, opposant le Kuomintang au Parti Communiste Chinois et de la division politique durable entre Pékin et Taipei. Pour la Chine, Taïwan est une province rebelle destinée à être réunifiée, par la force si nécessaire. Pour les États-Unis, Taïwan constitue à la fois un partenaire stratégique, un pilier de la stabilité régionale et un symbole de la défense des régimes démocratiques face à l’autoritarisme. Mais aussi une source d’approvisionnement en semi-conducteurs, nécessaires à la haute technologie américaine.
Les tensions autour de Taïwan se sont considérablement intensifiées depuis le début du XXIᵉ siècle, dans un contexte de rivalité croissante entre la Chine et les États-Unis. L’arrivée au pouvoir du républicain, Donald Trump, en 2017, a considérablement tendu les relations bilatérales, notamment avec l’imposition de tarifs douaniers inédits, engageant une guerre commerciale sans fin.
L’essor économique et militaire chinois, combiné au repositionnement stratégique américain en Asie-Pacifique, a transformé le détroit de Taïwan en l’un des points chauds les plus dangereux du système international contemporain. En effet, la stratégie américaine Indo-Pacifique, instaurée lors de la gouvernance de Barack Obama, vise à renforcer la position des Etats-Unis dans une région, auparavant peu hostile.
Cette rédaction vise à analyser les raisons pour lesquelles Taïwan est devenue un sujet central de tension entre la Chine et les États-Unis. Elle s’articulera autour de trois axes principaux : les racines historiques et politiques de la question taïwanaise, l’importance stratégique et économique de l’île, et enfin les implications géopolitiques et militaires du conflit latent sino-américain autour de Taïwan.
I. Les origines historiques et politiques de la question taïwanaise
En 1544, des marins portugais naviguent dans la région et donnent à l’île de Taiwan, son premier surnom, Ihla Formosa, « la belle île ». En 1624, la Compagnie Néerlandais des Indes Orientales, toujours à la recherche de nouveaux territoires, fonde une colonie sur la côte Sud-Ouest de l’île, où se trouve l’actuelle Tainan, et plus tard une base dans l’actuelle Tamsui.
Taïwan n’a pas toujours occupé une place centrale dans l’histoire de la Chine impériale. Longtemps peuplée majoritairement de populations austronésiennes, l’île commence à être intégrée progressivement à l’espace chinois à partir du XVIIᵉ siècle, avec l’installation des Han venus de Chine continentale.
1. Taïwan dans l’histoire chinoise
La dynastie Qing dirige l’île de Taïwan de 1683 à 1895. En 1683, elle envoie une armée commandée par le général Shi Lang pour vaincre le Royaume de Tungning, loyaliste de la dynastie Ming. Taïwan est alors officiellement annexée en avril 1684. Taïwan fut administrée comme préfecture de Taïwan, rattachée à la province du Fujian, jusqu’à la création de la province du Fujian-Taïwan en 1887.
Aux XVIIIe et XIXe siècles, la dynastie Qing étend son contrôle sur Taïwan le long de la côte ouest, dans les plaines occidentales et au nord-est. La cour impériale ne mène pas de politique de colonisation active et restreignit l’immigration Han à Taïwan pendant la majeure partie de son règne, par crainte de rébellions et de conflits avec les populations autochtones taïwanaises. Il était interdit aux Han de s’installer sur les terres autochtones, et des bornes sont utilisées pour délimiter les zones habitées et les territoires des aborigènes montagnards.
En dépit des restrictions imposées par la dynastie Qing, les Han continuent d’affluer à Taïwan et de repousser les limites du territoire autochtone, étendant ainsi les frontières Qing à l’ensemble des plaines occidentales et au nord-est de l’île. L’absence d’administration étatique entraîne des rébellions de la part des Han. À la fin de la domination Qing en 1895, la population Han de Taïwan a augmenté de plus de 2 millions d’habitants, certaines estimations évoquent plus de 3 millions, faisant des Han le groupe ethnique majoritaire sur l’île. Taïwan est cédée à l’Empire du Japon par le traité de Shimonoseki en avril 1895, suite à la défaite de la dynastie Qing lors de la première guerre sino-japonaise (1894-1895).
L’île reste sous domination japonaise pendant 50 ans, période durant laquelle elle connaît une modernisation économique et administrative profonde, mais aussi une politique de domination coloniale rigoureuse.
Les Japonais passent les premiers mois de l’occupation à lutter contre la résistance locale, perdant des milliers d’hommes à cause des maladies qui ravagent l’île. Les autorité japonaises vont alors améliorer les conditions sanitaires et développer notamment un réseau ferroviaire. Mais les populations aborigènes souffrent de l’occupation, et assistent à l’appropriation de leurs terres par les Japonais. Ce qui entraîne des révoltes, rapidement éteintes par les nouveaux occupants de l’île.
Taïwan est alors une base militaire importante du Japon au cours de la Seconde Guerre mondiale : on comptait alors près de 200 000 Taïwanais dans l’armée japonaise. Et si le Japon rendit Taïwan à la Chine en 1945, sa présence sur l’île restera gravée à jamais.
Durant les deux premières années, le Japon s’appuie principalement sur la force militaire et les efforts de pacification locaux. Le désordre et la panique règnent à Taïwan après la prise de Penghu par le Japon en mars 1895. Le 20 mai, les fonctionnaires Qing reçoivent l’ordre de quitter leurs postes. Les mois suivants furent marqués par un chaos et des destructions généralisés.
Cette parenthèse japonaise contribue à forger une identité taïwanaise distincte, partiellement séparée de celle du continent chinois. Lorsque le Japon est vaincu en 1945, Taïwan est rétrocédée à la Chine, alors gouvernée par le Kuomintang (KMT), le parti nationaliste dirigé par Tchang Kaï-chek.
2. La guerre civile chinoise et la division politique
La rétrocession de Taïwan intervient dans un contexte de guerre civile opposant le Kuomintang au Parti Communiste Chinois (PCC). En 1949, la victoire des communistes sur le continent conduit à la proclamation de la République populaire de Chine à Pékin. Le gouvernement nationaliste se replie alors sur l’île de Taïwan, emportant avec lui les institutions de la République de Chine.
Cette situation crée une division politique durable : deux entités revendiquant la légitimité de représenter la Chine. Sur le continent, la République populaire de Chine affirme être l’unique gouvernement légitime. À Taïwan, la République de Chine maintient pendant plusieurs décennies la même prétention, tout en exerçant un contrôle effectif uniquement sur l’île et quelques archipels périphériques.

Tchang Kaï Chek, président de la République de Chine, signant la charte de l’ONU, avant l’expulsion de ses représentants de l’ONU en 1971, après l’adoption de la résolution 2758 rétablissant la République populaire de Chine dans tous ses droits.
Pour la Chine, Taïwan devient une province séparatiste qu’il convient de réunifier au nom de l’intégrité territoriale et du nationalisme chinois. Cette position constitue un pilier idéologique fondamental du régime communiste chinois, renforcé par le traumatisme historique des ingérences étrangères subies par la Chine aux XIXᵉ et XXᵉ siècles. La République de Chine et la République populaire de Chine sont liées par le principe d’une seule Chine qui comprend trois aspects : il n’existe qu’une seule Chine dans le monde, Taïwan fait partie intégrante du territoire chinois et le gouvernement de la République populaire de Chine est l’unique gouvernement légal représentant toute la Chine.
En 1971, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté la résolution 2758, décidant le rétablissement de la République populaire de Chine dans tous ses droits à l’Organisation des Nations Unies ainsi que l’expulsion immédiate des représentants des autorités de Taiwan de l’ONU et de tous les organismes qui s’y rattachent, a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, le 7 mars 2025, lors d’une conférence de presse tenue à l’occasion des sessions annuelles de l’APN et de la CCPPC. « Cette résolution a réglé définitivement la question de la représentation de la Chine tout entière dont fait partie Taiwan au sein des Nations Unies, et exclut toute possibilité de créer ‘deux Chine’ ou ‘une Chine, un Taiwan’. À l’ONU, la région de Taiwan n’a qu’une seule appellation qui est Taiwan, province de la Chine », a souligné ce dernier. Le principe d’une seule Chine.
De leurs côtés, les dirigeants de la République de Chine (ROC) ont une autre interprétation de ce principe : « la position de la ROC est qu’il existe actuellement deux entités politiques au sein de cette Chine : la RPC sur le continent et la ROC à Taïwan. Depuis 1949, ces deux entités ont en fait gouverné séparément Taiwan et le continent chinois. Taipei recommande que les deux parties acceptent la situation telle qu’elle est et œuvrent ensuite au développement de la coopération entre les deux rives. En pratique, cela signifie que les discussions devraient être menées entre les deux entités sur un pied d’égalité, et non entre un gouvernement suzerain et son vassal, comme Pékin l’a toujours fait entendre ».
Cette différence d’interprétation est prise en compte par les Etats-Unis, qui atteste que « la politique américaine n’est pas une approbation de la position de Pékin, puisque Washington entretient une relation ‘informelle forte’ avec Taïwan, y compris la poursuite des ventes d’armes à l’île pour qu’elle puisse se défendre », a écrit la BBC.
3. L’internationalisation de la question taïwanaise
Dès le début de la guerre froide, la question taïwanaise acquiert une dimension internationale majeure. Les États-Unis, engagés dans une stratégie globale de containment du communisme (politique de fermeté visant à empêcher l’expansion du communisme), voient en Taïwan un rempart stratégique face à l’expansion communiste en Asie orientale. Washington apporte un soutien politique, économique et militaire décisif au régime de Taipei.
La guerre de Corée (1950-1953) a renforcé cette dynamique. En effet, l’ONU et Taiwan soutiennent la république de Corée (Corée du sud) qui s’oppose à la République populaire démocratie de Corée (Corée du nord), soutenue par la Chine et l’URSS. Craignant une extension du conflit, les États-Unis déploient leur flotte dans le détroit de Taïwan, empêchant toute tentative de reconquête militaire de l’île par la Chine communiste. Cette intervention marque durablement la relation triangulaire entre Pékin, Taipei et Washington.
Toutefois, à partir des années 1970, un changement majeur s’opère. Dans un contexte de rapprochement sino-américain, les États-Unis reconnaissent officiellement la République populaire de Chine comme seul gouvernement légitime de la Chine. Taïwan perd alors son siège aux Nations unies et se trouve progressivement marginalisée sur la scène diplomatique internationale.

Malgré cette reconnaissance, les États-Unis maintiennent des relations non officielles étroites avec Taïwan, notamment à travers le Taiwan Relations Act adopté en 1979. Cette loi engage Washington à fournir à Taïwan les moyens nécessaires à sa défense, sans pour autant reconnaître formellement son indépendance.
Au fil des ans, Taiwan devient une aubaine économique et commerciale pour Washington. Car « si vous vous emparez de Taïwan, vous vous emparez des principales voies maritimes du monde. Il y a pratiquement 80% du fret internationale, qui compte pour la Chine, le Japon ou encore la Corée, qui transit par ces voies de passage », a expliqué Emmanuel Lincot, sinologue, professeur à l’institut catholique de Paris, chercheur à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS).
De plus, l’autre secteur, convoité par les Etats-Unis, est les semi-conducteurs. Car, « Taiwan, acteur dominant de la chaîne de valeur mondiale des semi-conducteurs, a acquis un statut indispensable de centre de gravité industriel de la révolution de l’intelligence artificielle ». Cheng Ting-Fang, Chief Tech Correspondent du journal d’information économique Nikkei Asia, a expliqué à l’Institut Montaigne que « les États-Unis donnent le rythme du développement mondial de l’intelligence artificielle », augmentant leurs investissements dans la construction de data centers d’intelligence artificielle. Taïwan a renforcé sa coopération avec les Etats-Unis pour continuer à rester compétitif. En mars 2025, la société TSMC, à la pointe des semi-conducteurs, a annoncé un plan d’investissement de 100 milliards de dollars en Arizona, avec la construction d’un centre R&D, de deux sites de packaging avancé et de trois nouvelles usines. Une troisième usine a aussi été annoncée, avec un investissement de 65 milliards de dollars.
II. L’évolution politique de Taïwan et la transformation des relations avec la Chine
1. De l’autoritarisme à la démocratie taïwanaise
Après son repli à Taïwan en 1949, le Kuomintang instaure un régime autoritaire fondé sur la loi martiale, qui reste en vigueur jusqu’en 1987. Le pouvoir politique est monopolisé par une élite majoritairement issue de Chine continentale, tandis que les populations locales taïwanaises sont marginalisées. Cette période est marquée par une forte répression politique, connue sous le nom de « Terreur blanche », durant laquelle des milliers d’opposants réels ou supposés sont emprisonnés ou exécutés.
Cependant, à partir des années 1970 et surtout des années 1980, Taïwan connaît une transformation politique progressive. Sous la pression des mouvements sociaux, des intellectuels et d’une classe moyenne en expansion, le gouvernement entame une série de réformes démocratiques. La levée de la loi martiale en 1987 constitue un tournant décisif. Les partis d’opposition sont légalisés, la liberté de la presse s’élargit et des élections pluralistes sont progressivement mises en place.
Cette démocratisation aboutit à un événement historique en 1996 : l’élection au suffrage universel direct du président de la République de Chine. Cette évolution politique a des conséquences profondes sur les relations avec la Chine continentale, car elle renforce une identité politique distincte et alimente les aspirations à l’autonomie, voire à l’indépendance.
Depuis l’an 2000, la démocratie taïwanaise s’illustre par des alternances pacifiques au pouvoir, une participation citoyenne active et des réformes institutionnelles face aux défis géopolitiques. Malgré les tensions avec la Chine, Taïwan a consolidé un modèle multipartite mature.
L’élection présidentielle de 2000 marque un tournant historique avec la victoire de Chen Shui-bian (DPP) face au KMT, première alternance après 50 ans de règne du parti unique, démontrant la maturité du système. En 2008, le KMT reprend le pouvoir avec Ma Ying-jeou, puis en 2016, Tsai Ing-wen (DPP) devient la première femme présidente avec une majorité parlementaire, illustrant la vitalité des élections libres. Les scrutins de 2020 et 2024 confirment cette stabilité, avec des taux de participation élevés (autour de 74%) et des transferts de pouvoir sans violence.
La démocratie taïwanaise se distingue par une société civile dynamique, comme le mouvement des Tournesols en 2014 contre un traité commercial avec la Chine, qui a influencé la politique et renforcé la transparence. En 2020-2021, la gestion exemplaire de la pandémie de Covid-19, via une communication ouverte et des outils numériques participatifs (comme Taiwan), a été saluée mondialement, associant citoyens et experts dans les décisions publiques. Les référendums, introduits en 2003 et affinés depuis, permettent aux citoyens de trancher sur des sujets majeurs, comme le mariage homosexuel légalisé en 2019 après un vote populaire.
Les débats entre KMT (pro-réunification modérée) et PDP (pro-indépendance) structurent la vie politique sans paralysie, mais de très fortes tensions sur certains dossiers, tels que le budget, avec une continuité sur l’économie et l’identité taïwanaise malgré les victoires alternées. Des réformes constitutionnelles post-2000 ont modernisé le Yuan législatif, réduit l’âge du vote à 18 ans en 2022, et promu la parité genre (plus de 40% de femmes au parlement en 2024).
Face à la pression chinoise (cyberattaques, exercices militaires), Taïwan se construit autour une « démocratie défensive » : la victoire de Lai Ching-te (PDP) en 2024, malgré les intimidations de Pékin, montre la résilience électorale. L’économie reste un pilier démocratique, avec un PIB par habitant dépassant 35 000 dollars en 2025, finançant des politiques sociales inclusives (santé universelle, éducation gratuite). Des controverses persistent, comme les blocages parlementaires ou les accusations de corruption, mais les institutions les gèrent via audits et élections locales fréquentes.
Taïwan est souvent qualifié de « miracle démocratique » en Asie, contrastant avec l’autoritarisme chinois, et sert de modèle pour des pays comme la Corée du Sud ou les Philippines. En 2025, son indice de démocratie (Economist Intelligence Unit) le place 10e mondial, devant beaucoup d’États occidentaux, grâce à un pluralisme culturel intégrant aborigènes et nouveaux immigrants. Cette vitalité se poursuit en 2026, avec des débats sur la cybersécurité et l’énergie verte menés de manière transparente.
2. La construction d’une identité taïwanaise distincte
La démocratisation favorise l’émergence d’un sentiment d’identité taïwanaise de plus en plus affirmé. Alors que, pendant des décennies, le Kuomintang avait promu une identité exclusivement chinoise, la société taïwanaise découvre sa propre histoire, marquée par la période japonaise, les cultures locales et une expérience politique différente de celle du continent.
Les sondages d’opinion montrent une évolution significative : une majorité croissante de la population se définit comme taïwanaise plutôt que chinoise, ou comme taïwanaise avant d’être chinoise. Cette transformation identitaire est perçue avec inquiétude par Pékin, qui y voit une remise en cause directe du principe d’ »une seule Chine ».
En effet, selon un sondage mené en novembre 2025 par la Commission ministérielle des affaires continentale, 78% des sondés désapprouvent la prétention de Pékin affirmant qu’il n’y a qu’« une seule Chine » dans le monde et que Taïwan fait partie intégrante de cette Chine. Les Taiwanais rejettent aussi la théorie de Pékin qui prétend que la paix inter détroit n’est garantie qu’avec le respect du principe d’une seule Chine et au consensus inter détroit de 1992. Cependant, 86% des interrogés approuvent la volonté du gouvernement de poursuivre les échanges et les négociations avec la Chine populaire sur les principes d’égalité et de respect mutuel.
Les partis politiques taïwanais reflètent cette fracture. Le Kuomintang demeure favorable à un rapprochement avec la Chine, dans une perspective de coopération économique et de maintien du statu quo. À l’inverse, le Parti Démocrate Progressiste défend une position plus affirmée en faveur de la souveraineté taïwanaise, tout en évitant une déclaration formelle d’indépendance susceptible de provoquer une réaction militaire chinoise.
Arrivée au pouvoir en 2016, la démocrate et progressiste, Tsai Ing-Wen, a reçu un appel du président américain, Donald Trump. Cet échange a suscité la colère de la Chine, mais il est surtout un symbole du tournant radical prit entre Pékin et Taipei. Alors que le KMT travaillait en collaboration avec le PCC, la dirigeante n’a pas réaffirmé le Consensus de 1992 qui incarne le principe d’une seule Chine (ou encore « un pays, deux systèmes »). Cette absence de reconnaissance a été soutenue par la population taïwanaise, qui aspire désormais à plus de reconnaissance de leurs identité et culture taïwanaise.
Après l’arrivée de Tsai Ing-wen, les mouvements indépendantistes se sont renforcés, appelant à l’indépendance de Taiwan. Un appel rejeté fortement par Pékin, qui dénonce une volonté de division de la part du Parti Démocrate et Progressiste. Cependant, Tsai Ing-wen va instaurer un gouvernement largement pro-américain, qui perdure encore aujourd’hui, sous le mandat de William Lai.
3. Les relations économiques sino-taïwanaises : interdépendance et paradoxes
Malgré les tensions politiques, les relations économiques entre la Chine et Taïwan se sont considérablement développées depuis les années 1990. La Chine continentale est devenue le principal partenaire commercial de Taïwan, et des milliers d’entreprises taïwanaises ont investi dans les zones industrielles chinoises, attirées par une main-d’œuvre abondante et des coûts de production réduits.
En 2024, le commerce total entre la Chine et Taïwan a atteint 292,97 milliards de dollars, selon des données officielles citées par l’agence de presse chinoise, Xinhua. Cette interdépendance économique crée un paradoxe majeur. D’un côté, elle favorise une forme de stabilité en rendant un conflit armé extrêmement coûteux pour les deux parties. De l’autre, elle accroît la vulnérabilité stratégique de Taïwan, qui dépend fortement du marché chinois pour ses exportations et ses chaînes de valeur industrielles.
Or les autorités chinoises soupçonnent Taipei de vouloir promouvoir un découplage économique et de « briser les chaînes » économiques à travers le détroit de Taïwan pour plaire aux États-Unis, selon le Global Times.
Pékin utilise parfois cette dépendance économique comme un levier politique, en menaçant de sanctions économiques ou en restreignant certains échanges pour faire pression sur le gouvernement taïwanais. Cette stratégie dite de « coercition économique » vise à décourager toute initiative en faveur de l’indépendance.
Mais, cette stratégie peut avoir des conséquences néfastes pour l’économie chinoise. Raison pour laquelle, ces dernières années, Pékin a décidé de tenter une nouvelle stratégie, en intensifiant la pression militaire sur Taïwan. Depuis 2022 ? La Chine a déployé presque quotidiennement des navires de guerre et des avions de chasse autour de l’île, et a lancé six séries de manœuvres à grande échelle, la plus récente en décembre.
4. La montée en puissance de la Chine et le durcissement de sa position
Depuis le début du XXIᵉ siècle, la montée en puissance économique et militaire de la Chine a profondément modifié l’équilibre des forces dans le détroit de Taïwan. Pékin a investi massivement dans la modernisation de son armée, en particulier dans les capacités navales, aériennes et balistiques susceptibles de jouer un rôle décisif dans un éventuel conflit autour de l’île.
Depuis l’entrée en fonction de Xi Jinping, comme secrétaire général du PCC et président de la RPC, le discours officiel chinois s’est durci. La réunification avec Taïwan est présentée comme un objectif historique incontournable, lié à la voie chinoise vers la modernisation qui est « le grand chemin vers la construction d’un pays fort et le rajeunissement de la nation ». Les autorités chinoises n’excluent plus explicitement le recours à la force, notamment en cas de déclaration formelle d’indépendance de Taïwan ou d’ingérence étrangère jugée excessive.
Cette évolution inquiète non seulement Taïwan, mais aussi les États-Unis, qui perçoivent la question taïwanaise comme un test majeur de la crédibilité de leur engagement en Asie-Pacifique, et un moyen pour eux de verrouiller l’expansion de la Chine vers le Pacifique.
Pour répondre aux exigences de l’administration américain en matière d’équipement militaire (qui sera fournit principalement par Washington) et éviter d’être abandonné par Donald Trump, qui a déjà laissé entendre qu’il pourrait ne plus soutenir Taiwan, Taipei a décidé d’augmenter son budget de défense.
Le 7 février, le dirigeant William Lai a présenté un budget très ambitieux de 40 milliards de dollars, qui fait pour le moment face à un blocage de l’opposition, exigeant des concessions, déclenchant des signes d’impatience à Washington. En effet, Taipei subit des pressions américaines pour en faire plus pour contrer la menace croissante de la Chine, qui d’ici 2027 pourrait attaquer Taiwan, selon des responsables américains. Ainsi, par exemple, dans une lettre datée du 12 février, 37 élus républicains et démocrates des deux chambres du Congrès ont exhorté les partis politiques taïwanais à s’entendre sur une augmentation « significative » des dépenses de défense, « pour prévenir une agression de la RPC (République populaire de Chine) ».
III. Taïwan au cœur de la rivalité stratégique entre la Chine et les États-Unis
1. L’importance géostratégique de Taïwan
Taïwan occupe une position géographique particulièrement stratégique en Asie orientale. Située au cœur de la « première chaîne d’îles », qui s’étend du Japon aux Philippines, l’île constitue un point de passage clé entre la mer de Chine orientale et la mer de Chine méridionale. Le contrôle de Taïwan permettrait à la Chine d’élargir considérablement sa profondeur stratégique maritime et de projeter plus librement sa puissance navale dans le Pacifique occidental.
Pour la Chine, l’annexion de Taïwan serait, d’un point de vue politique intérieure, un moyen pour le président Xi Jinping d’être celui qui aura réunifié la Chine. D’un autre côté, la Chine souhaite récupérer le géant taïwanais des semiconducteurs TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company) qui fabrique plus de 70% de la production mondiale des circuits intégrés de dernière génération au cœur de la nouvelle révolution industrielle, selon Asialyst. Ainsi, “la Chine aurait alors toutes les cartes en main pour devenir maître de quasiment toutes les hautes technologies, la seule essentielle qui lui manque encore étant, précisément, la maîtrise de la fabrication des semiconducteurs les plus performants”.
« Si Taïwan tombe sous le contrôle communiste chinois, plusieurs choses se produiront, dont aucune ne sera bonne pour les États-Unis ou le monde libre, sans parler des Taïwanais eux-mêmes. Sur le plan militaire, cela constituera un énorme avantage pour l’Armée populaire de libération de la Chine communiste », a expliqué le colonel Grant Newsham dans les colonnes du quotidien américain conservateur The Sun le 16 mai, cité par Pierre Antoine Donnet
Pour les États-Unis et leurs alliés régionaux, Taïwan joue au contraire un rôle de verrou stratégique. En effet, si Taiwan est réunifié à la Chine, « la réputation des États-Unis serait ruinée. Ils auraient du mal à se maintenir dans la région Asie-Pacifique et seraient progressivement repoussés vers Hawaï et la côte ouest américaine. Au niveau mondial, ils seraient au bord du gouffre», selon Grant Newsham, auteur du livre When China attacks : A Warning to America.
De fait, sa préservation hors du contrôle chinois contribue à contenir l’expansion militaire de Pékin et à maintenir un équilibre des forces favorable dans la région Indo-Pacifique. Une réunification forcée modifierait profondément cet équilibre et renforcerait la capacité de la Chine à remettre en cause la présence américaine en Asie. En effet, ce changement de statut “aura d’énormes répercussions sur l’avenir des alliances américaines dans la région, qui constituent l’avantage asymétrique le plus important de Washington par rapport à Pékin”, a affirmé David Sacks, chargé d’études sur l’Asie au Council on Foreign Relations (CFR).
2. Le rôle économique et technologique de Taïwan
Outre sa position géographique, Taïwan occupe une place centrale dans l’économie mondiale. En effet, « classé parmi les 20 premières économies mondiales en termes de Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant, offrant des opportunités d’investissements attractives », a expliqué le cabinet Risques et Opportunités. De plus, « avec un PIB avoisinant les 800 milliards de dollars en 2024, Taïwan se classe 22ème économie mondiale et 6ème en Asie », a indiqué la plateform.
L’île a aussi un rôle considérable dans le secteur des technologies de pointe. Elle est une actrice clé de l’industrie des semi-conducteurs, indispensables au fonctionnement des appareils électroniques modernes, des systèmes militaires avancés et des infrastructures numériques.
L’entreprise taïwanaise TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company) est le premier fabricant mondial de puces électroniques de haute technologie. Cette domination confère à Taïwan une importance stratégique considérable, souvent qualifiée de « bouclier de silicium ». L’hypothèse est que l’interdépendance mondiale autour des semi-conducteurs dissuaderait toute action militaire de grande ampleur contre l’île.
Pour les États-Unis, « Taïwan est un partenaire commercial majeur des États-Unis et un maillon essentiel des chaînes d’approvisionnement mondiales en technologies et en production. Son économie est fortement dépendante du commerce international; les exportations représentent environ 70% de son produit intérieur brut (PIB) ».
De fait, la sécurité de Taïwan est étroitement liée à la sécurité de leurs chaînes d’approvisionnement technologiques. Une prise de contrôle chinoise de Taïwan poserait des risques majeurs en termes de dépendance stratégique et de sécurité nationale américaine.
3. La politique américaine de « l’ambiguïté stratégique »
Depuis plusieurs décennies, les États-Unis adoptent à l’égard de Taïwan une politique dite d' »ambiguïté stratégique ». Cette stratégie vise à dissuader la Chine d’utiliser la force, tout en décourageant Taïwan de proclamer formellement son indépendance.
Dans le détail, l’ambiguïté consiste à ne pas préciser clairement s’ils interviendraient militairement en cas d’attaque chinoise contre Taïwan, à signer des accords économiques et commerciaux bilatéraux et à soutenir diplomatiquement Taipei sur la scène internationale. Reconnaissant, la République populaire de Chine depuis 1978, Washington a tout de même conservé des liens forts avec Taiwan, en vendant des armes à Taipei, ce que Pékin considère comme une violation de sa souveraineté. Ces achats s’inscrivent dans le cadre du « Taiwan Relations Act », qui engage les États-Unis à fournir à Taïwan des moyens de défense suffisants, sans établir d’alliance militaire formelle.
Mais depuis l’arrivée de Donald Trump, les relations se sont intensifiées dans le secteur technologique. Les Etats-Unis sont en concurrence directe avec la Chine dans ce secteur devenu crucial aujourd’hui. De plus, certains responsables américains ont adopté un discours plus ferme, laissant entendre que les États-Unis pourraient défendre Taïwan militairement. Cette évolution, perçue comme un affaiblissement de l’ambiguïté stratégique, contribue à accroître les tensions avec la Chine. D’autant plus que
Toutefois, pour Charles-Emmanuel DETRY, l’administration américaine est engagée dans le soutien à l’Ukraine et aide Israël dans sa guerre contre le Hamas, et ne veut pas devoir faire face à un autre foyer de crise. Mais face à la Chine, principal ennemi des Etats-Unis, les démocrates et les républicains ont des positions assez proches et sont conscients des enjeux dans une zone qui est le centre de gravité géopolitique du monde.
4. La militarisation croissante du détroit de Taïwan
Le détroit de Taïwan est devenu l’un des espaces les plus militarisés au monde. Pour Hugo Tierny, « Taïwan est la clé de l’endiguement naval de la Chine. Prendre l’île permettrait à Pékin de sécuriser ses côtes, de briser son encerclement maritime et de profiter des avantages géographiques de Taïwan face à ses adversaires américains et japonais. En effet, les côtes de l’île donnent directement sur les eaux profondes du Pacifique ; les sous-marins chinois pourraient y appareiller en toute discrétion ».
Raison pour lesquelles, la Chine y multiplie les exercices militaires, les incursions aériennes et navales, ainsi que les démonstrations de force destinées à intimider Taïwan et à dissuader toute intervention étrangère. Mathieu Duchâtel a expliqué à l’Institut Montaigne, que « ces opérations s’inscrivent dans un double contexte. Un contexte général, tout d’abord : depuis 2020, la coercition militaire joue un rôle croissant dans la politique de la Chine à l’égard de Taiwan. Les forces de la marine et de l’armée de l’air chinoises sont déployées dans le pourtour de Taiwan, sans toutefois pénétrer son espace aérien ou ses eaux territoriales, avec un objectif à la fois politique – maintenir la pression sur les autorités militaires et politiques taiwanaises – militaire – préparer un conflit éventuel en s’entraînant sur le terrain, et d’ordre psychologique – convaincre les Taiwanais et la communauté internationale de la détermination de la Chine à accepter le coût d’une guerre ».
En réponse, Taïwan renforce ses capacités de défense, en privilégiant une stratégie dite de « défense asymétrique » ou celle dite du « porc-épic ». « L’objectif est de rendre, avec des moyens limités, la proie taïwanaise trop dure à avaler pour le prédateur chinois ». Ainsi, la stratégie de défense de Taiwan repose sur l’utilisation de missiles, de drones, de mines maritimes et de forces mobiles capables de rendre une invasion extrêmement coûteuse pour un adversaire supérieur en nombre.
Taiwan possède peu d’alliés, mais selon le Taiwan Relations Act, Washington fournit des équipements produits aux États-Unis (frégates déclassées, engins blindés divers et avions de chasse) et des composants critiques pour les projets de la BITD taïwanaise, des échanges diplomatico-militaire. De plus, des exercices militaires sont organisés entre les armées taïwanaises et américaines, notamment aux États-Unis pour familiariser les personnels taïwanais à l’utilisation de leurs nouveaux matériels.

Chasseurs américains de l’armée taïwanaise. Photo Chine magazine.
Tout est désormais entre les mains des américains, qui intensifient leur coopération militaire avec Taïwan. Ainsi, les ventes d’armes permettent à Taiwan d’avoir une forte capacité de dissuasion et pourraient compliquer la tâche du Parti communiste chinois en cas d’invasion.
Or les États-Unis, de leur côté, renforcent leurs alliances régionales, notamment avec le Japon, la Corée du Sud et l’Australie. Cette dynamique contribue à une spirale sécuritaire, dans laquelle chaque camp justifie ses actions par la nécessité de se protéger de l’autre.
5. Taïwan comme symbole idéologique et politique
Enfin, Taïwan revêt une dimension symbolique forte dans la rivalité sino-américaine. Pour les États-Unis, la défense de Taïwan est souvent présentée comme une défense de la démocratie face à l’autoritarisme. Taïwan incarne un modèle de réussite démocratique dans le monde chinois, ce qui renforce sa valeur idéologique aux yeux de Washington. De plus, Taïwan est devenu un allié technologique qu’il faut absolument protéger pour réduire la dépendance avec la Chine.
Pour la Chine, à l’inverse, Taïwan représente une question de souveraineté nationale et de légitimité du régime. 23ème province de la République populaire de Chine, toute remise en cause du contrôle chinois sur Taïwan est perçue comme une atteinte directe à l’autorité du Parti communiste chinois et à l’unité nationale.
Cette dimension idéologique renforce la rigidité des positions et rend tout compromis particulièrement difficile. D’ailleurs, plusieurs scénarios sont possibles. Le premier est celui du maintien du statu quo. Taïwan continuerait d’exister comme un État de facto indépendant, sans déclaration formelle d’indépendance, tandis que la Chine poursuivrait une stratégie de pression diplomatique, militaire et économique. Ce scénario, bien qu’instable, est jusqu’à présent celui qui a prévalu, car il permet à chaque acteur d’éviter une confrontation directe.
Le second serait celui d’une réunification pacifique négociée. Pékin met en avant le modèle « un pays, deux systèmes », déjà appliqué à Hong Kong. Le troisième est celui d’un conflit armé, opposant Taiwan et les Etats-Unis (ainsi que le Japon) contre la Chine (soutenu par la Russie). Celui-ci pourrait prendre différentes formes : blocus maritime, frappes ciblées, ou invasion militaire à grande échelle. Un tel conflit entraînerait un risque élevé d’escalade entre grandes puissances nucléaires, et les conséquences humaines, économiques et politiques seraient considérables.
Conclusion
En définitive, Taïwan est bien plus qu’un simple enjeu territorial. Elle constitue un point de convergence de multiples dimensions : historiques, politiques, économiques, militaires, technologiques et idéologiques. La question taïwanaise cristallise la rivalité croissante entre la Chine et les États-Unis.
Pour la Chine, Taïwan est une question de souveraineté nationale et de légitimité politique. Pour les États-Unis, elle représente un enjeu stratégique majeur et un symbole de la défense des valeurs démocratiques. Pris entre ces deux puissances, Taïwan cherche à préserver sa sécurité, sa démocratie et son mode de vie.
L’avenir de Taïwan dépendra largement de l’évolution de la relation sino-américaine et de la capacité des acteurs internationaux à gérer pacifiquement leurs différends. Dans un monde marqué par le retour des rivalités de puissance, la question taïwanaise apparaît comme l’un des tests les plus cruciaux pour la stabilité et la paix internationales.
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