
Nabih Berri, président du Parlement libanais.
Une nouvelle révélation attribuée au président du Parlement libanais, Nabih Berri, pourrait compliquer davantage les négociations en cours entre le Liban et Israël, sous médiation américaine. Selon des informations ayant circulé dans les milieux politiques libanais, le gouvernement aurait accepté, lors de discussions indirectes avec les médiateurs internationaux, le retrait de quelque 2300 combattants du Hezbollah du secteur situé au sud du fleuve Litani. Ces combattants auraient été identifiés nominativement dans le cadre d’un mécanisme de mise en œuvre des arrangements sécuritaires envisagés.
Toujours selon ces informations, Nabih Berri aurait rejeté cette proposition, estimant que ces hommes représentent «le peuple du Sud» et qu’il serait politiquement impossible d’accepter leur déplacement forcé hors de leur région d’origine. Cette position reflète l’argument avancé depuis plusieurs mois par les responsables du mouvement chiite et leurs alliés, qui considèrent toute tentative de dissocier les combattants de la population locale comme irréaliste sur le terrain.
Stabiliser la frontière sud du Liban
La controverse intervient alors que les États-Unis cherchent à consolider un accord plus large entre Beyrouth et Jérusalem visant à stabiliser durablement la frontière sud du Liban. Washington considère l’application effective de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment l’absence de forces armées non étatiques au sud du Litani, comme un élément essentiel de tout arrangement sécuritaire.
Pour plusieurs observateurs, la question du Hezbollah constitue désormais le principal obstacle aux discussions. Israël exige des garanties concrètes concernant le retrait des forces du mouvement chiite de la zone frontalière, tandis que le Hezbollah et ses alliés refusent toute mesure qui pourrait être interprétée comme un désarmement unilatéral ou une défaite politique.
Cette nouvelle fuite alimente également les interrogations sur la capacité de l’administration Trump à préserver le processus diplomatique qu’elle a contribué à mettre en place. Si aucune formule de compromis n’est trouvée sur la présence du Hezbollah au sud du Litani, les négociations risquent d’entrer dans une phase de blocage susceptible de remettre en cause les progrès enregistrés ces derniers mois.
À Beyrouth comme à Jérusalem, de nombreux responsables reconnaissent désormais que l’avenir des pourparlers dépend largement de la résolution de cette question centrale: comment concilier les exigences sécuritaires israéliennes avec les équilibres politiques et communautaires du Liban.





