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Le Congo plaide pour une intelligence artificielle qui n’oublie pas l’Afrique

Présent au Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle organisé sous l’égide des Nations Unies, Constant-Serge Bounda, Ministre des Affaires étrangères, de la francophonie et des congolais de l’étranger a défendu une vision inclusive de l’IA, appelant à associer pleinement les pays en développement à la définition des futures règles internationales.

Alors que l’intelligence artificielle s’impose comme l’une des grandes transformations stratégiques du XXIe siècle, le ministre congolais Constant-Serge Bounda a porté, devant le Dialogue mondial sur la gouvernance de l’intelligence artificielle, la vision de la République du Congo : faire entendre la voix de l’Afrique dans la construction des futures règles internationales de l’IA.

S’exprimant au nom du président Denis Sassou N’Guesso, Constant-Serge Bounda a rappelé que Brazzaville considère désormais l’intelligence artificielle comme un enjeu majeur de souveraineté, de développement et de coopération internationale. Un signal politique fort, qui inscrit cette révolution technologique dans une stratégie portée au plus haut niveau de l’État congolais.

La présence à Genève de l’ambassadeur Aimé Clovis Guillond, représentant permanent de la République du Congo auprès de l’Office des Nations Unies et des autres organisations internationales, illustre également l’importance accordée par Brazzaville à ces nouveaux espaces de négociation multilatérale. Dans un contexte où se dessinent les futures règles mondiales de l’intelligence artificielle, le Congo entend défendre une approche africaine au cœur de la Genève internationale.

Devant les représentants des Nations Unies, de l’Union internationale des télécommunications (UIT), de l’UNESCO et des États membres réunis à Genève, Constant-Serge Bounda a défendu une approche fondée sur la confiance, la solidarité et la responsabilité partagée.

Car si l’IA ouvre des perspectives considérables — dans la santé, l’éducation, les services publics ou la réalisation des Objectifs de développement durable — elle soulève également des interrogations majeures : protection des données, cybersécurité, désinformation, éthique ou encore risque d’une nouvelle fracture numérique entre les nations.

Pour le ministre congolais, l’enjeu est clair : l’intelligence artificielle ne doit pas devenir un facteur supplémentaire d’inégalités mondiales. Les pays africains doivent participer à l’élaboration des règles qui encadreront cette technologie, et non simplement s’adapter à des normes définies ailleurs.

Constant-Serge Bounda a ainsi appelé à ce que « les besoins et les aspirations des pays en développement soient pleinement pris en compte dans les mécanismes de gouvernance » en construction, défendant une intelligence artificielle pensée comme un bien commun mondial au service de la paix, de la dignité humaine et du progrès partagé.

Cette ambition se traduit déjà par plusieurs initiatives nationales. Sous l’impulsion du président Denis Sassou N’Guesso, le Congo a engagé le renforcement de son écosystème numérique avec la création d’un ministère dédié à l’Économie numérique, le développement des compétences, le soutien à la recherche scientifique et l’élaboration d’un cadre de gouvernance adapté aux défis de l’ère numérique.

Symbole de cette stratégie : la création du Centre Africain de Recherche en Intelligence Artificielle, installé au sein de l’Université Denis Sassou N’Guesso. Cette initiative vise à former une nouvelle génération de chercheurs et d’innovateurs africains, à promouvoir une intelligence artificielle éthique et à développer des solutions adaptées aux réalités et aux priorités du continent.

Le Congo bénéficie également de l’accompagnement de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) dans l’élaboration de sa stratégie nationale de l’intelligence artificielle. Une feuille de route qui place l’humain, l’inclusion et la confiance au cœur de l’innovation.

Cette prise de position intervient alors que Genève cherche à consolider son rôle de capitale mondiale de la gouvernance de l’intelligence artificielle. Autour des Nations Unies, de l’UIT, de l’AI for Good Global Summit et de nouveaux acteurs comme le Geneva AI Governance Institute (GAIGI), un écosystème international se structure pour construire des passerelles entre États, organisations internationales, chercheurs, entreprises et société civile.

Pour les pays du Sud global, l’enjeu est désormais d’être associés dès l’origine à la conception des standards, des cadres de confiance et des mécanismes internationaux qui organiseront demain le développement de l’intelligence artificielle.

Le message porté à Genève par Constant-Serge Bounda dépasse ainsi le seul enjeu technologique : l’avenir de l’IA sera également une question de diplomatie, d’équité et de gouvernance mondiale.

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