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À Genève, la RDC défend sa candidature au Conseil de l’UIT et son ambition numérique africaine

Candidate au Conseil de l’Union internationale des télécommunications pour le mandat 2027–2030, la République démocratique du Congo veut faire de sa position au cœur du continent un atout pour l’interconnexion africaine. À Genève, José Mpanda Kabangu, son ministre des Postes et Télécommunications a présenté une candidature articulée autour de la connectivité, de la résilience des infrastructures et d’une participation accrue des pays en développement à la gouvernance numérique.

« L’avenir numérique du monde ne saurait être construit sans la participation de tous les États, de toutes les régions et de toutes les populations. » Devant les représentants diplomatiques réunis à l’Hôtel Intercontinental de Genève, José Mpanda Kabangu a placé la candidature de son pays sous le signe de l’inclusion. Kinshasa sollicite un siège au Conseil de l’Union internationale des télécommunications (UIT), au titre de la Région D, qui représente l’Afrique, pour la période 2027–2030.

L’échéance est fixée à la Conférence de plénipotentiaires de l’UIT, organisée à Doha du 9 au 27 novembre 2026. Les États membres y éliront notamment les 48 pays appelés à siéger au Conseil. Celui-ci assure la gouvernance de l’organisation entre deux conférences de plénipotentiaires et examine les grandes orientations de sa politique des télécommunications. La candidature congolaise vise donc une participation à la conduite d’une institution centrale pour la coopération numérique internationale.

Transformer une position géographique en capacité d’interconnexion

L’argument principal de Kinshasa tient à sa géographie. Avec neuf pays voisins, la RDC se présente comme un point de jonction entre l’Afrique centrale, orientale et australe. Son territoire pourrait accueillir des infrastructures permettant de multiplier les liaisons transfrontalières et de diversifier les itinéraires de transmission des données.

« Investir dans la connectivité de la RDC, c’est donc contribuer à connecter au-delà de la RDC », a plaidé le ministre. L’ambition affichée consiste à transformer le pays en corridor de transit numérique, contribuant à rapprocher les façades atlantique et indienne du continent.

Ce potentiel demeure toutefois tributaire d’un chantier intérieur considérable. Dans son discours, le ministre a rappelé l’objectif de connecter progressivement les 145 territoires du pays à l’horizon 2030. Extension de la fibre optique, développement des réseaux mobiles et recours complémentaire aux satellites doivent permettre de desservir les zones rurales et enclavées.

La candidature congolaise repose ainsi sur une double promesse : accélérer l’intégration numérique nationale et mettre cette transformation au service des échanges régionaux.

Trois priorités pour un mandat

Kinshasa organise son programme autour de trois axes. Le premier est celui d’une connexion effectivement accessible aux populations. Le ministre défend « une connectivité disponible, fiable, abordable et réellement utile aux citoyens ». Cette approche associe les investissements dans les territoires insuffisamment desservis, les partenariats public-privé et les mécanismes de service universel.

Le deuxième axe concerne la solidité des réseaux face aux crises. La RDC entend promouvoir la protection des infrastructures critiques, la coopération en cybersécurité et la préparation aux situations d’urgence. L’efficacité énergétique et la gestion des déchets électroniques figurent également parmi ses engagements.

Le troisième porte sur l’accès à l’innovation. Le discours mentionne une gestion équitable du spectre radioélectrique et des ressources orbitales, ainsi qu’une intelligence artificielle adaptée aux réalités linguistiques, économiques et sociales des populations.

Une revendication de participation aux choix mondiaux

Au-delà des infrastructures, la démarche congolaise exprime une ambition diplomatique : donner davantage de poids aux besoins africains dans les décisions internationales.

« Nous sommes convaincus que l’Afrique doit participer pleinement à la définition des solutions et des normes qui façonneront son avenir numérique », a déclaré le ministre. Kinshasa souhaite faire entendre les contraintes propres aux vastes territoires, aux populations éloignées des réseaux et aux pays disposant de capacités techniques et financières limitées.

Le discours privilégie une posture de coopération, présentant la RDC comme un partenaire de dialogue et de consensus. Reste à convaincre les délégations que cette ambition pourra se traduire par une contribution suivie aux travaux de l’Union.

C’est sur ce passage de la volonté politique à l’action que se jouera la portée de la candidature. À Genève, le ministre en a résumé la ligne : « La République Démocratique du Congo est au cœur de l’Afrique. Elle veut contribuer à connecter l’Afrique depuis son cœur. »

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