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À l’occasion de la sortie de son livre Pionniers, voyage aux frontières de l’intelligence artificielle, le journaliste et essayiste Guillaume Grallet sera à Genève le 19 mars pour une conférence consacrée aux transformations majeures que l’IA pourrait provoquer dans les années à venir. Entre révolution scientifique, enjeux démocratiques et rivalités technologiques, il appelle à anticiper un basculement déjà en cours.
Les avancées spectaculaires de l’intelligence artificielle ne sont peut-être qu’un prélude. Pour Guillaume Grallet, rédacteur en chef du service Science et Tech du magazine Le Point, la prochaine étape pourrait transformer profondément l’économie et nos sociétés : des machines capables non seulement de dialoguer, mais aussi de comprendre le monde physique.

Dans son livre Pionniers, voyage aux frontières de l’intelligence artificielle (Grasset), lauréat du prix du meilleur ouvrage économique 2025, le journaliste a rencontré chercheurs, entrepreneurs et ingénieurs qui façonnent la prochaine génération de technologies. Selon lui, l’IA actuelle — portée par les grands modèles de langage — reste encore limitée. « Les modèles actuels sont extrêmement performants pour comprendre et produire du langage, mais ils n’ont aucune expérience du monde physique. Ils ne comprennent pas réellement la gravité, la chaleur ou la matière. »
Pour dépasser ces limites, les chercheurs travaillent sur ce que l’on appelle les « modèles du monde », capables de donner aux machines une représentation du réel. Cette évolution pourrait notamment passer par les robots humanoïdes, équipés de capteurs et alimentés par l’intelligence artificielle. « Ces systèmes pourront apprendre en interagissant directement avec leur environnement », explique-t-il. « Cela pourrait représenter la prochaine grande étape de l’IA ».
Une révolution scientifique… et politique
Pour Guillaume Grallet, les applications pourraient être immenses : recherche scientifique accélérée, nouvelles formes d’automatisation, progrès dans la compréhension de phénomènes physiques ou biologiques. Le calcul quantique pourrait également jouer un rôle d’accélérateur en augmentant considérablement la puissance de calcul disponible pour l’intelligence artificielle. Mais cette révolution technologique pose aussi des défis majeurs.
L’IA pourrait, selon lui, transformer profondément la production de connaissance, mais aussi générer des risques inédits : manipulation de l’information, atteinte à la propriété intellectuelle ou concentration du pouvoir technologique. « Il ne s’agit ni d’être naïvement enthousiaste, ni catastrophiste », explique-t-il. « Mais de comprendre ce qui arrive et d’y participer. » Face à la domination technologique des États-Unis et de la Chine, Guillaume Grallet estime que l’Europe possède encore un atout décisif : son excellence scientifique. « Nous avons des chercheurs extraordinaires et une tradition scientifique très forte », souligne-t-il.
Mais pour transformer cette excellence en leadership technologique, l’Europe devra relever un défi : le passage à l’échelle industrielle. Cela suppose, selon lui, davantage d’investissements, une meilleure valorisation de la recherche et un soutien public aux innovations stratégiques.
Genève, lieu de dialogue sur l’IA
Dans un contexte de rivalité technologique croissante entre grandes puissances, des places comme Genève pourraient jouer un rôle particulier. Avec ses organisations internationales et sa tradition diplomatique, la Suisse pourrait devenir un espace de dialogue sur la gouvernance de l’intelligence artificielle. « La recherche doit rester ouverte et internationale », insiste Guillaume Grallet. « Des lieux de coopération et de discussion sont plus nécessaires que jamais. »
C’est précisément pour anticiper ces transformations que se tiendra la conférence « Anticiper le monde qui vient », consacrée aux enjeux scientifiques, économiques et géopolitiques de l’intelligence artificielle. Initiée par Claude Gonet Conseiller de la Direction Générale de la banque Eric Strudza cette conférence se tiendre le Jeudi 19 mars 2026 — 18h00 Fédération des Entreprises Romandes Route de Saint-Jean 98 1201 Genève.





