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L’éducation en Afrique, un droit fondamental encore à conquérir

Alors que la 62e session du Conseil des droits de l’homme se poursuit au Palais des Nations, diplomates, experts et représentants de la société civile se sont réunis lors d’un événement parallèle consacré à l’accès à l’éducation en Afrique. Organisée par la Mission permanente de la République démocratique du Congo auprès des Nations unies, en partenariat avec plusieurs organisations internationales et ONG, la rencontre a mis en lumière les obstacles persistants qui empêchent encore des millions d’enfants africains d’accéder à une éducation de qualité.

Dans son allocution d’ouverture, l’ambassadeur Paul Empole Losoko Efambe, représentant permanent de la RDC à Genève, a rappelé que l’éducation constitue un droit humain fondamental consacré par les principaux instruments internationaux. Pourtant, malgré les engagements pris dans le cadre des Objectifs de développement durable, l’Afrique demeure confrontée à des défis structurels majeurs : insuffisance des infrastructures scolaires, pénurie d’enseignants qualifiés, inégalités territoriales, pauvreté et impact des crises sécuritaires.

L’un des constats les plus marquants de la conférence concerne le décalage persistant entre la formation et l’emploi. Invitée à présenter l’expérience helvétique, Dr Olesya Meskina, responsable des programmes académiques de la Swiss School of Business and Management, a plaidé pour une meilleure articulation entre le système éducatif et les besoins du marché du travail. Elle a exposé le modèle suisse de formation professionnelle duale, qui associe enseignement théorique et apprentissage en entreprise.

« La Suisse n’a pas réduit le chômage des jeunes en créant artificiellement des emplois, mais en construisant un système éducatif qui supprime la distance entre l’école et le marché du travail », a-t-elle expliqué. Selon elle, cette approche permet aux jeunes d’acquérir très tôt une expérience professionnelle valorisable et contribue à maintenir un faible niveau de chômage des jeunes.

Au-delà des questions d’employabilité, les intervenants ont souligné l’importance croissante du numérique et de l’intelligence artificielle dans les systèmes éducatifs. Mais plusieurs voix ont mis en garde contre une vision technologique présentée comme une solution miracle.

Représentant la Fédération des Femmes pour la Paix Mondiale Internationale, Caroline Elkins-Mother, venue présenter l’intervention préparée par Sandra Aboagye Brenyah, a insisté sur les limites d’une approche exclusivement fondée sur les outils numériques. « La technologie seule ne peut garantir l’éducation », a-t-elle rappelé, soulignant que l’accès à l’électricité, à Internet, aux infrastructures scolaires et à des enseignants formés demeure un préalable indispensable.

L’intervenante a également attiré l’attention sur les profondes inégalités qui persistent en Afrique subsaharienne, où des dizaines de millions d’enfants restent exclus de l’enseignement formel. Elle a insisté sur la nécessité d’investir simultanément dans les compétences numériques, la formation des enseignants et le financement durable des systèmes éducatifs afin que la révolution technologique ne creuse pas davantage les écarts existants.

Les échanges avec la salle ont prolongé cette réflexion en soulignant le lien étroit entre éducation, stabilité sociale et développement. Plusieurs participants ont rappelé que l’absence d’accès à l’éducation constitue un facteur aggravant des fragilités économiques et sécuritaires qui affectent certaines régions du continent africain.

Au final, malgré la diversité des approches présentées, un consensus s’est dégagé : l’Afrique dispose d’un formidable potentiel démographique, mais sa capacité à le transformer en moteur de développement dépendra largement de sa faculté à investir massivement dans l’éducation. À cinq ans de l’échéance fixée par l’Agenda 2030 des Nations unies, les intervenants ont appelé les États, les organisations internationales, les ONG et le secteur privé à renforcer leur coopération afin que le droit à l’éducation cesse d’être une promesse et devienne une réalité pour tous.

Car au-delà des chiffres et des stratégies, c’est bien la même ambition qui a traversé l’ensemble des débats à Genève : faire en sorte qu’aucun enfant africain ne soit laissé au bord du chemin.

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