
L’Iran a suspendu l’échange de messages avec les États-Unis via les intermédiaires
Téhéran a annoncé que les discussions resteront gelées tant qu’Israël ne cessera pas ses opérations et ne se retirera pas des zones qu’il contrôle actuellement dans le sud du Liban. En fait, l’Iran a annoncé la suspension des négociations après que Donald Trump a envoyé une énième proposition modifiée du projet d’accord.
«Je n’ai reçu aucune réponse de l’Iran concernant les informations faisant état de la suspension des négociations», a réagi Donald Trump sur NBC. Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, affirme toutefois que «les discussions avec les États-Unis se poursuivaient.»
Echanges de tir
Le commandement central américain (CENTCOM) a annoncé avoir exécuté des «frappes défensives» visant des sites radar et des centres de commandement et de contrôle des drones dans la ville de Ghirok et sur l’île de Qeshm, dans le sud de l’Iran. Selon le CENTCOM, ces frappes, qui ont été mesurées et proportionnées, ont eu lieu les samedi 30 et dimanche 31 mai 2026 en réponse à des actes d’agression iraniens qui incluaient l’abattage d’un drone américain de type MQ-1 qui survolait les eaux internationales. Les avions de chasse américains ont rapidement riposté en détruisant des défenses aériennes iraniennes, une station de contrôle au sol, et deux drones kamikazes qui représentaient une menace claire pour les navires traversant les eaux territoriales. La station de contrôle visée est la tour Sirik qui fournit aux bateaux et aux plateformes de missiles iraniens les coordonnées des navires de la marine américaine.
De son côté, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique iranien (CGRI) a annoncé qu’il avait ciblé la base américaine Ali al-Salam à partir de laquelle la frappe américaine contre des cibles dans le sud de l’Iran avait été lancée. La base américaine a été touchée par deux missiles balistiques.
Les Iraniens ont déclaré que «la force aérospatiale relevant des Gardiens de la Révolution avertit que toute répétition de cette agression sera confrontée à une riposte totalement différente».
Peu de temps auparavant, l’armée koweïtienne a confirmé qu’elle faisait face à l’attaque de missiles balistiques et de drones, tandis que les sirènes d’alarme retentissaient dans le pays.
Menaces contre Israël
Le commandant du quartier général central «Khatam al-Anbiya» du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, le général Aliabadi, a menacé de tirer sur Israël si l’Etat hébreu poursuit son bombardement du Liban. Netanyahu, poursuivant ce qu’il a qualifié d’actions agressives dans la région, a menacé de bombarder Dahiyé, la banlieue chiite de Beyrouth, bastion deu Hezbollah, et a lancé des avertissements d’évacuation à leurs habitants.
«Compte tenu des violations répétées du cessez-le-feu par Israël, si cette menace venait à se concrétiser, nous avertissons les habitants des régions du nord et des installations militaires situées dans le nord d’Israël de quitter la zone s’ils ne veulent pas subir de préjudice.»
Par ailleurs, les responsables iraniens et leurs proxies étudient des mesures de pression supplémentaires, y compris des actions potentielles affectant les routes maritimes principales comme le détroit d’Ormuz et Bab el-Mandeb.
Trump ne veut pas que Netanyahou mette en péril le cessez-le-feu
Le président américain a dû prendre les menaces iraniennes très au sérieux. Il était hors de question que Benjamin Netanyahu mette les négociations avec Téhéran en péril en mettant à exécution ses menaces contre Beyrouth. Les discussions se seraient très mal passées entre les deux dirigeants. Donald Trump dit également avoir parlé avec des représentants du Hezbollah. Il s’agit sans doute d’un proche de Nabih Berry, leader chiite et président du Parlement. Il n’y a en effet pas d’autre solution pour mettre en place un cessez-le-feu au Liban que d’impliquer le Hezbollah dans les pourparlers, au risque de dépouiller un peu plus le gouvernement libanais de son autorité.
Donald Trump semble avoir eu gain de cause, éloignant les menaces des Gardiens de la révolution iraniens. Il affirme avoir obtenu d’Israël, comme du Hezbollah la promesse de réduire les tensions. Nabih Berry a affirmé que le Hezbollah était ouvert à un cessez-le-feu avec Israël, à condition qu’il soit réel et respecté par les deux parties.
Mardi 2 juin, les combats étaient toujours en cours dans le Sud Liban tandis que le calme régnait à Beyrouth, au risque que sa banlieue devienne un sanctuaire du Hezbollah.
Le président iranien aurait présenté sa démission
Dans ce contexte de fortes tensions, on a appris que le président iranien Massoud Pezeshkian aurait présenté sa démission au bureau du Guide suprême. L’information a été démentie par la télévision iranienne qui affirme qu’il était toujours occupé à ses fonctions. On sait que le président iranien est extrêmement mécontent du régime en raison de l’accaparement du pouvoir par les Gardiens de la Révolution et l’existence d’une fracture profonde au sein des plus hauts niveaux du gouvernement, en raison même de la domination des Gardiens de la Révolution sur les institutions de l’État.
Les Gardiens de la Révolution ont attaqué Pezeshkian à plusieurs reprises en raison de ses déclarations, dont les plus importantes sont :
• Nous et les Américains sommes des frères
• Couper Internet au pays est un crime économique
• Ne blâmez pas les manifestants dans les rues, nous sommes les corrompus. Nous avons du gaz et du pétrole mais nous avons faim
Pezeshkian est le seul responsable du régime islamique à être encore populaire.
Sa démission pourrait être causé d’instabilité.




