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Casablanca Smart City 2026 : la confiance, nouvelle frontière de la ville intelligente

Casablanca. Dix ans après son lancement, Casablanca Smart City a changé de dimension. Les 10 et 11 juin derniers, dans le cadre majestueux de l’ancienne église du Sacré-Cœur, la métropole économique marocaine a accueilli la dixième édition d’un rendez-vous devenu l’une des principales plateformes africaines de réflexion sur les villes du futur.

Longtemps associée aux innovations technologiques, aux infrastructures connectées et aux solutions numériques destinées à fluidifier les services urbains, la « smart city » semble aujourd’hui entrer dans une nouvelle phase de maturité. À Casablanca, les débats ont révélé une évolution significative : au-delà de la technologie, c’est désormais la question de la confiance qui s’impose comme le véritable défi des métropoles du XXIe siècle.

Cette édition anniversaire, placée sous le thème de la « Ville augmentée », a réuni élus, universitaires, entrepreneurs, chercheurs, acteurs de la société civile et experts internationaux autour d’une interrogation commune : comment utiliser l’intelligence artificielle, les données et les nouvelles technologies pour améliorer la vie urbaine sans fragiliser le lien de confiance entre citoyens, institutions et acteurs économiques ?

Derrière cette réussite se trouve notamment Mohammed Khalil, professeur à l’Université Hassan II, spécialiste reconnu de l’intelligence artificielle et figure de proue de l’écosystème numérique marocain. Cofondateur de MoroccoAI, il œuvre depuis plusieurs années à rapprocher le monde académique, les décideurs publics et les entreprises afin de favoriser l’émergence d’une gouvernance responsable de l’intelligence artificielle au Maroc.

Son influence était perceptible dans l’orientation même des débats. Loin d’une vision techniciste de la ville intelligente, Casablanca Smart City 2026 a privilégié une approche centrée sur l’humain, l’innovation responsable et la participation citoyenne. Une philosophie que Mohammed Khalil défend régulièrement : la technologie n’a de sens que lorsqu’elle permet d’accroître les capacités humaines et de renforcer la qualité de vie des citoyens.

Cette préoccupation a traversé l’ensemble des conférences, qu’il s’agisse de mobilité, de culture, d’économie, de patrimoine ou encore de gouvernance urbaine. Dans un monde où les algorithmes occupent une place croissante dans la prise de décision publique, la question de la confiance est apparue comme un enjeu aussi important que la performance technologique elle-même.

Parmi les intervenants internationaux, Alain Jourdan, directeur de la communication du Geneva AI Governance Institute (GAIGI), a particulièrement insisté sur cette dimension lors du Cercle consacré à l’économie, à l’innovation, à la culture et au patrimoine.

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Ancien journaliste spécialisé dans les relations internationales et les questions de guerre informationnelle, il a défendu l’idée que les villes intelligentes de demain devront être avant tout des « écosystèmes de confiance ». Selon lui, la réussite des politiques publiques numériques dépendra moins de la sophistication des technologies que de leur capacité à inspirer confiance aux citoyens.

« Une ville peut être technologiquement avancée et néanmoins fragile si ses citoyens ne font plus confiance aux institutions, aux informations qui circulent ou à l’usage qui est fait de leurs données », a-t-il expliqué en substance devant les participants.

Cette réflexion prend une résonance particulière dans un contexte marqué par l’explosion de la désinformation, la multiplication des contenus générés par intelligence artificielle et la montée des manipulations informationnelles. Pour Alain Jourdan, les métropoles du futur devront investir autant dans la résilience informationnelle que dans les infrastructures numériques.

Son intervention a également mis en lumière le rôle grandissant de Genève dans les débats mondiaux sur la gouvernance de l’intelligence artificielle. Alors que les discussions sur la régulation opposent parfois les grandes puissances technologiques, la ville suisse s’impose progressivement comme un espace de dialogue réunissant organisations internationales, gouvernements, entreprises et centres de recherche.

La présence d’acteurs comme le Geneva AI Governance Institute témoigne de cette ambition de faire émerger des mécanismes internationaux capables de garantir une utilisation responsable et interopérable de l’intelligence artificielle.

Cette ouverture internationale a constitué l’une des marques de fabrique de cette édition 2026. À travers les différentes tables rondes, les intervenants ont rappelé que les villes intelligentes ne pourront relever les défis de demain qu’en conciliant innovation technologique, inclusion sociale, durabilité environnementale et gouvernance démocratique.

Au terme de ces deux journées, une conviction semblait partagée par l’ensemble des participants : la ville du futur ne sera pas seulement plus connectée. Elle devra être plus transparente, plus résiliente et plus digne de confiance.

Dix ans après sa création, Casablanca Smart City apparaît ainsi moins comme un salon technologique que comme un laboratoire d’idées où se dessine une nouvelle conception de la ville intelligente. Une ville où l’intelligence artificielle, loin de se substituer à l’humain, devient un outil au service du développement, de la participation citoyenne et du renforcement du lien social.

À l’heure où de nombreuses métropoles cherchent leur voie dans la révolution numérique mondiale, Casablanca entend manifestement faire entendre une voix singulière : celle d’une innovation mise au service de la confiance.

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