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Iran: deux jeunes manifestants exécutés, la répression s’intensifie


Les autorités iraniennes ont procédé, ce mardi 16 juin à l’exécution de deux jeunes hommes, Javad Zamani et Abolfazl Saedi, originaires de Shahrud, dans le nord-est du pays. Tous deux avaient été condamnés à mort pour leur implication présumée dans les mouvements de contestation qui ont secoué l’Iran ces derniers mois.

D’après les autorités judiciaires, ils étaient poursuivis pour des infractions liées à la sécurité nationale. Leur mise à mort intervient dans un contexte de durcissement de la répression visant les opposants, les militants et les participants aux manifestations.

Pour de nombreux observateurs, cette affaire dépasse le simple cadre judiciaire. Ces exécutions sont perçues comme un avertissement adressé à l’ensemble des contestataires et comme une démonstration de fermeté du pouvoir face à toute forme de dissidence. Les organisations de défense des droits humains dénoncent une politique fondée sur l’intimidation et la peur afin d’empêcher toute mobilisation populaire.

Un défi à la communauté internationale.

L’exécution de Javad Zamani et d’Abolfazl Saedi au lendemain de la signature de l’accord-cadre entre Téhéran et Washington pourrait également constituer un message politique adressé à la communauté internationale. Pour de nombreux analystes, cette décision reflète la volonté des courants les plus conservateurs du régime d’afficher leur fermeté face aux pressions internationales.

Elle est interprétée comme un défi adressé à la communauté internationale dans son ensemble, et plus particulièrement aux États-Unis, qui dénoncent régulièrement les violations des droits humains en Iran. En procédant à ces exécutions malgré les critiques et les appels à la clémence, les autorités iraniennes entendent montrer qu’elles ne céderont pas aux injonctions étrangères concernant leurs affaires intérieures.

Les exécutions liées à la drogue restent majoritaires

Malgré l’attention portée aux prisonniers politiques, la majorité des personnes exécutées en Iran depuis le début de l’année 2026 l’ont été pour des infractions liées aux stupéfiants.
Selon les estimations d’organisations telles qu’Iran Human Rights, HRANA et Amnesty International, entre 150 et 200 personnes auraient été exécutées entre janvier et la mi-juin 2026. L’absence de statistiques officielles complètes empêche toutefois d’établir un bilan précis.

Les affaires de trafic ou de détention de drogue représenteraient près de la moitié, voire davantage, des exécutions recensées. Cette situation s’inscrit dans une tendance observée depuis plusieurs années, l’Iran restant l’un des pays qui recourent le plus fréquemment à la peine capitale pour ce type d’infractions.

Cette politique de lutte contre le narcotrafic est d’autant plus paradoxale que le Corps des gardiens de la révolution islamique, notamment la Force al-Qods, aurait fortement encouragé certains groupes alliés syriens et libanais à développer leurs activités de contrebande de captagon, produit devenu une composante importante de l’économie parallèle de plusieurs acteurs régionaux.

Les condamnations pour meurtre constituent la deuxième catégorie la plus importante. Dans ces dossiers, la peine est souvent appliquée dans le cadre du qisas, principe du droit islamique qui permet à la famille de la victime d’exiger l’exécution du condamné ou de lui accorder son pardon en échange d’une compensation financière.

Une hausse des condamnations à caractère politique

La situation des prisonniers politiques suscite néanmoins une inquiétude croissante. Depuis les manifestations de janvier 2026, plusieurs ONG font état d’une augmentation des condamnations à mort prononcées pour des chefs d’accusation tels que la « guerre contre Dieu» (moharebeh), la «corruption sur terre» (efsad-e fel-arz) ou encore les atteintes à la sécurité nationale. Selon Amnesty International, plusieurs dizaines de personnes auraient déjà été exécutées au printemps 2026 dans des affaires à caractère politique.

Les autorités justifient ces condamnations au nom de la lutte contre le terrorisme, l’espionnage ou les violences dirigées contre l’État. À l’inverse, les défenseurs des droits humains dénoncent des procès ne respectant pas les standards internationaux d’équité et accusent le pouvoir d’utiliser la peine capitale comme un outil de répression.

À ces exécutions de prisonniers politiques s’ajoutent les manifestants tués lors de la féroce répression de janvier 2026. Des organisations de défense des droits humains ont avancé des chiffres allant de 2400 à plus de 3000 décès confirmés, tandis que certaines estimations militantes évoquent plus de 12 000 morts, voire davantage.

D’autres exécutions concernent des affaires de viol, d’enlèvement ou d’autres crimes violents. Bien que moins nombreuses, elles continuent d’être régulièrement annoncées par le système judiciaire iranien.
L’Iran demeure aujourd’hui l’un des pays qui appliquent le plus largement la peine de mort dans le monde. En 2025, les organisations internationales ont recensé un nombre record d’exécutions, dépassant largement le millier de cas.

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