Accueil / Conflits / Quatre ans de guerre de la Russie contre l’Ukraine : du blitzkrieg à la lutte pour la survie

Quatre ans de guerre de la Russie contre l’Ukraine : du blitzkrieg à la lutte pour la survie

L’armée ukrainienne a repris le contrôle de Butcha et constate les massacres commis par les soldats russes.

Lorsque, le 24 février 2022, les troupes russes ont franchi la frontière ukrainienne, dans l’esprit du Kremlin, cela n’était pas censé être le début d’une guerre longue. La Russie est entrée en Ukraine avec l’illusion d’une défaite rapide de l’adversaire — avec un plan qui ressemblait plus à une opération policière qu’à une guerre entre deux États. Cette illusion est devenue la première et peut-être la plus fatale erreur de la direction russe.

Selon les renseignements occidentaux, les enquêtes journalistiques et les témoignages des militaires russes eux-mêmes, Moscou prévoyait de prendre Kyiv en trois jours. C’est avec ce scénario que fut conçu le premier assaut : un débarquement à Hostomel, une avancée rapide en colonnes depuis le nord, misant sur le choc, le chaos et la paralysie du système de commandement ukrainien.

La confiance excessive du commandement russe était si manifeste que certaines unités emportaient des uniformes de parade — non pour le combat, mais pour participer au « défilé de la victoire » dans la capitale ukrainienne. Ce fait a ensuite été confirmé par les militaires ukrainiens ainsi que par des journalistes internationaux qui ont trouvé des uniformes parmi le matériel sur des positions abandonnés. Le défilé à Kyiv devait être l’acte final — le symbole du retour de l’Ukraine dans l’orbite de la Russie impériale.

Cependant, Kyiv ne tomba pas en trois jours. Pas en une semaine. Et ne tomba pas du tout. Le gouvernement ukrainien ne disparut pas. Le président resta dans la capitale malgré les invitations occidentales à partir. L’armée ne se désintégra pas, et la population civile participa massivement à la défense — en formant des unités de défense territoriale et des structures de volontaires.

À partir de ce moment, la guerre cessa d’être une « opération spéciale » et se transforma en une guerre à d’usure à haute intensité, à laquelle la Russie n’était pas préparée — ni moralement, ni du point de vue organisationnel.

L’une des raisons clés de l’échec de Moscou fut sa profonde incompréhension de la société ukrainienne. L’élection de Volodymyr Zelensky à la présidence en 2019 fut perçue non comme une expression de démocratie, mais comme un signe de faiblesse de l’État.

Dans la logique déformée de Poutine et de son entourage, Zelensky, qui n’avait pas d’expérience militaire et n’appartenait pas à l’ancienne élite politique, paraissait vulnérable. Sa rhétorique, qui exprimait une demande de paix, fut interprétée comme la preuve que la société ukrainienne était fatiguée de la guerre et attendait un « libérateur ». Dans la pensée impériale russe, le « libérateur » est toujours la Russie elle-même.

Le Kremlin confondit le désir de paix avec la volonté de capituler, le changement démocratique de gouvernement avec la faiblesse de l’État et la critique des politiciens avec le refus de l’indépendance. C’est pourquoi Moscou s’attendait à ce que le gouvernement ukrainien fuit, que l’armée se désintègre et que la population reste indifférente ou accueille les troupes russes sans résistance.

La réalité fut tout autre. L’échec du plan de « trois jours » devint un point de non-retour. Ce qui avait commencé comme une tentative de blitzkrieg se transforma en un affrontement prolongé, dans lequel les facteurs décisifs n’étaient plus les colonnes de parade, mais la logistique, l’économie, la motivation et le soutien de la société.

La Russie a lancé une guerre où la peur et l’effet de choc ne fonctionnèrent pas. Chaque mois qui passait révélait les faiblesses systémiques d’un commandement inefficace, de ressources limitées et dun isolement international.

En revanche, l’Ukraine gagna du temps, se consolida et transforma la résistance initiale en stratégie de survie et de renforcement progressif, où la résilience, l’adaptation et la foi dans l’État jouèrent un rôle clé.

À partir de ce moment, l’Ukraine ne fut pas seulement un pays en défense, mais le symbole d’une épreuve globale. Deux modèles du monde s’y affrontèrent : l’un, post-impérial, fondé sur la force et la contrainte, et l’autre, légal, basé sur les traités internationaux, la souveraineté et les principes des droits de l’homme. L’Ukraine a montré comment un État démocratique, avec moins de ressources, peut résister à un agresseur.

Front et ressources : comment l’Ukraine tient la défense

Les bombardements d’immeubles civils considérés comme des crimes de guerre font partie de la stratégie de terreur du Kremlin.

L’année 2025 fut celle d’une guerre de position. Aucun des deux camps ne parvint à de percées majeures, et la ligne de front resta presque inchangée, malgré des avancées locales russes dans certaines zones. Les troupes russes tentèrent des offensives dans la la région de Donetsk, Zaporojié et au nord, mais les pertes élevées et la forte défense ukrainienne limitaient leurs succès.

Les unités ukrainiennes tenaient des positions clés et menaient des contre-attaques locales. Les drones, l’artillerie moderne et les systèmes de défense aérienne jouaient un rôle majeur. Cette dynamique montre les limites du potentiel offensif de la Russie et l’efficacité de la défense ukrainienne, capable de s’adapter rapidement aux changements du champ de bataille.

En 2025, la guerre restait épuisante. L’Ukraine, numériquement inférieure, perdit environ 55 000 militaires tués et des milliers de disparus. Elle ne combat pas par le nombre de soldats, mais par la qualité — organisation des combats, précision des frappes et rapidité d’adaptation. Des tactiques flexibles — des contre-attaques locales aux frappes sur les nœuds logistiques — permettent de contenir la supériorité numérique de la Russie. Une image digitale unique du front — intégrant drones, artillerie, reconnaissance et états-majors — permettant de localiser rapidement l’ennemi et de porter des frappes précises.

Selon le Quartier général des Forces armées ukrainiennes, la Russie a perdu plus de 418 000 militaires en 2025 — l’équivalent de près de 35 divisions. Les pertes totales depuis le début de la guerre dépassent 1,15 million de personnes. En novembre 2025, les pertes quotidiennes moyennes atteignaient environ 1 100 personnes, selon un responsable de l’OTAN cité par la BBC. Ces chiffres sont importants non pas comme un concours statistique, mais comme indicateurs de l’épuisement massif auquel la Russie fait face en entrant dans la cinquième année de guerre.

La quatrième année de guerre a définitivement détruit l’illusion des « conflits modernes courts ». La guerre en Ukraine est devenue un modèle d’affrontement prolongé du XXIe siècle — avec usage massif de drones, opérations informationnelles et mobilisation complète des économies. Elle est devenue un terrain d’essai pour de nouvelles technologies militaires — des systèmes automatisés de gestion du feu aux outils de cyberpression.

Comment l’Ukraine maintient sa résilience en guerre

En 2022, le PIB ukrainien a chuté de près de 30 %. Une reprise partielle commença en 2023, mais les prévisions pour 2025–2026 restent prudentes — croissance de 2 à 4 %, car les régions industrielles clés restent en zone de conflit ou sous menace constante d’attaques.

L’économie de défense est devenue un élément déterminant de la politique de l’État : les dépenses de défense atteignent 25 à 34 % du PIB. Chaque hryvnia du budget est consacrée à l’armement, au soutien de l’armée ou aux paiements aux militaires.

Les pertes directes d’infrastructures dépassent 176 milliards de dollars, et les besoins totaux de reconstruction sont estimés à environ 524 milliards de dollars. La destruction de logements, d’industries, de systèmes énergétiques et de transports n’est pas un effet secondaire, mais une partie de la stratégie de pression.

Les sanctions occidentales ont considérablement affaibli l’économie russe, bien que Moscou compense partiellement par la réorientation de ses exportations d’énergie vers la Chine et l’Inde. L’Ukraine, pour sa part, a réorienté ses exportations vers l’Union européenne, renforçant l’intégration avec les marchés européens et accélérant les changements structurels dans l’économie.

En 2025, le déficit budgétaire ukrainien atteignait 22,9 % du PIB — un niveau qui, en temps de paix, aurait signifié une crise macrofinancière grave. La dette publique et garantie atteignait 213,3 milliards de dollars. Malgré cela, le pays a maintenu la stabilité financière grâce à une politique fiscale stricte, au contrôle de l’inflation, au fonctionnement stable du système bancaire et au respect régulier des obligations sociales.

L’économie s’est adaptée aux conditions de guerre grâce à des mécanismes fiscaux flexibles, au soutien de la production nationale de biens essentiels et à la mobilisation des ressources financières pour la défense.

L’aide internationale joue un rôle clé. Les crédits, subventions et livraisons d’équipements couvrent non seulement les écarts budgétaires, mais constituent un système de dissuasion face à la la Russie. Ils assurent le fonctionnement de l’énergie, des transports, du secteur social et de la défense. L’aide internationale est devenue un élément structurel de la résilience militaire de l’Ukraine.

La hausse de la dette n’est pas le résultat d’une irresponsabilité fiscale, mais la conséquence directe d’une guerre à haute intensité. L’Ukraine finance simultanément la défense, les dépenses sociales et la reconstruction des infrastructures critiques. Dans ce contexte, la dette est un instrument de survie et de mobilisation des ressources, et la stabilité macroéconomique — un indicateur de gestion efficace dans des conditions extrêmes.

L’Ukraine a non seulement adapté son industrie de défense aux exigences de la guerre moderne, mais commence progressivement à exporter ses technologies. En 2026, dix centres de production et d’exportation de drones ukrainiens sont prévus en Europe ; certaines lignes fonctionnent déjà ou sont en cours de lancement, notamment en Allemagne et au Royaume-Uni. Le président Volodymyr Zelensky a souligné que la sécurité de l’Europe se « construit aujourd’hui sur la technologie et les drones », et ces projets reposent sur les compétences et les développements ukrainiens. Il ne s’agit pas seulement d’un résultat économique, mais d’un élément de la nouvelle architecture de sécurité européenne.

Économie de la Russie : la guerre comme moteur de croissance

Après le début de la guerre à grande échelle, de nombreux experts prévoyaient un effondrement économique rapide de la Russie. Cela ne s’est pas produit. Le Kremlin a réorienté l’économie vers une production de guerre, consacrant une grande partie des dépenses publiques aux programmes militaires.

Le Service fédéral de renseignement allemand (BND) a conclu dans son analyse que les dépenses militaires réelles de la Fédération de Russie dépassent largement les chiffres officiels déclarés. Selon le BND, les dépenses de défense réelles de la Russie sont environ 66 % supérieures à celles figurant dans les documents budgétaires publics.

Selon ces estimations, en 2025, les dépenses militaires réelles de la Russie pourraient atteindre environ 250 milliards d’euros — presque la moitié de toutes les dépenses publiques et environ 10 % du PIB. À titre de comparaison, au début de l’invasion à grande échelle en 2022, les dépenses étaient estimées à environ 6 % du PIB, ce qui montre une militarisation rapide et systématique de l’économie.

Le BND note qu’une grande partie des dépenses n’apparaît pas dans la rubrique « défense », mais est répartie dans d’autres sections budgétaires — notamment le financement de la construction militaire, des programmes IT à double usage, la logistique, l’administration et les programmes sociaux aux militaires et à leurs familles. L’utilisation d’une définition étroite des dépenses de défense rend la comparaison directe avec les pays de l’OTAN plus difficile.

Le rapport souligne également que les fonds sont consacrés non seulement à la guerre contre l’Ukraine, mais aussi à l’expansion des infrastructures militaires le long des frontières avec les pays de l’OTAN. Cela montre une planification à long terme et le caractère stratégique de la militarisation.

Ces conclusions ont été rapportées par le journal britannique «The Telegraph» se référant à l’analyse du BND. Les services de renseignement soulignent que l’ampleur et la structure des dépenses démontrent une menace croissante pour la sécurité européenne.

Le service estonien de renseignement extérieur a rapporté en 2026 que la Russie a considérablement augmenté sa production de projectiles d’artillerie, de mines et de missiles. En 2025, plus de 7 millions d’unités de munitions ont été produites contre 4,5 millions en 2024. Depuis le début de l’invasion à grande échelle, la production a été multipliée par 17 grâce à l’extension des capacités.

Le front humanitaire de la guerre

Selon la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations Unies, 2025 fut l’année la plus meurtrière pour la population civile depuis le début de l’invasion à grande échelle : 2 514 civils tués et plus de 12 000 blessés. Il ne s’agit pas d’une flambée de violence accidentelle, mais le résultat d’une escalade systématique des frappes sur les quartiers résidentiels et les infrastructures civiles.

L’utilisation massive de missiles à longue portée, de munitions à large zone d’effet et de drones armés a pratiquement effacé la frontière entre le front et l’arrière. Dans l’Ukraine moderne, la vie civile est devenue partie intégrante du champ de bataille.

Environ 97 % des victimes se trouvent dans les zones contrôlées par le gouvernement ukrainien. Les mois de juin et juillet 2025 ont été les plus meurtriers.

La dimension humanitaire de la guerre a pris un caractère systémique. Un élément particulièrement critique fut la destruction ciblée des infrastructures énergétiques et communales, surtout en hiver. Les frappes sur les centrales électriques, sous-stations, réseaux de chauffage et conduites d’eau ont privé des millions de personnes de services essentiels.

L’hiver n’est plus seulement une saison — il est devenu un test de résistance. La vie est planifiée en fonction des coupures d’électricité. Dans les grandes villes, notamment à Kyiv, des quartiers entiers ont été plusieurs fois plongés dans une crise humanitaire en raison du manque d’électricité, de chauffage et d’eau. Pour une mégapole de millions d’habitants, en période de grands froids, cela représente un risque direct pour la vie.

Dans les territoires occupés, la Russie exerce une pression systématique sur l’identité ukrainienne : déportations, déplacements forcés d’enfants, fermeture des écoles ukrainiennes, persécutions pour l’usage de la langue ou pour des activités culturelles.

Cela a entraîné plus de 10 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire et provoqué un profond traumatisme psychologique dans la société.

Parallèlement, les données sociologiques montrent un haut niveau de résilience : environ 65 % des citoyens sont prêts à poursuivre la résistance même en cas de guerre prolongée. Selon l’Institut international de sociologie à Kyiv, en janvier 2026, 52 % des Ukrainiens rejettent catégoriquement la cession du Donbass à la Russie en échange de garanties de sécurité, tandis que 40 % considèrent un compromis possible, reconnaissant sa complexité.

La société vit dans la réalité de choix difficiles, où sécurité, intégrité territoriale et paix sont en équilibre délicat.

La crise humanitaire en Ukraine n’est pas un accompagnement temporaire de la guerre, mais un de ses fronts clés. Elle détermine la capacité de l’État à survivre, de la société à ne pas se briser, et de la communauté internationale à prouver que la protection des civils est une valeur réelle et non une simple déclaration.

Cette guerre n’est pas seulement un conflit géopolitique ou une lutte pour des zones d’influence. Elle est existentielle. Pour l’Ukraine, son issue détermine non pas seulement la délimitation des frontières, mais l’existence même de l’État et de la nation. Ce n’est pas de la rhétorique — c’est un affrontement contre les objectifs déclarés du Kremlin, consignés dans les déclarations officielles (« dénazification », « désubjectivation »), dans les textes des agences étatiques russes (y compris les programmes de « rééducation » des Ukrainiens) et dans les pratiques sur les territoires occupés (destruction de la langue, déportation d’enfants, répression).

C’est ce caractère existentiel de la guerre qui explique la résilience de la société ukrainienne, souvent surprenante pour les observateurs extérieurs. Pour la majorité des Ukrainiens, la défaite ne signifie pas seulement un changement de gouvernement ou de politique, mais la perte des droits fondamentaux, des répressions et une assimilation forcée. Dans ce contexte, la volonté de supporter la guerre n’est pas une idéologie, mais une forme d’auto-défense collective.

Dimension internationale du conflit

La guerre en Ukraine est un test pour le système international de sécurité. Elle vérifie si la communauté mondiale peut protéger les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale au XXIe siècle.

Le soutien occidental se poursuit, mais se heurte à des contraintes politiques internes — cycles électoraux, débats budgétaires et fatigue croissante des sociétés. L’idée de « gel » du conflit apparaît périodiquement dans l’espace public, mais un cessez-le-feu sans garanties de sécurité risque de n’être qu’une pause avant une nouvelle phase de la guerre.

Selon le Conseil européen pour les relations internationales (ECFR), le niveau de confiance envers les États-Unis comme allié dans certaines sociétés européennes a diminué. Dans certains pays, seulement 10 à 15 % des sondés considèrent les États-Unis comme un allié inconditionnel, tandis qu’une partie perçoit leur politique comme pragmatique ou imprévisible. Cela s’explique par les processus politiques internes aux États-Unis et le changement de ton de leur politique étrangère.

Malgré cette turbulence globale, l’Union européenne reste le principal partenaire stratégique de l’Ukraine. Ces dernières années, l’UE a accordé plus de 162 milliards de dollars d’aide. Pour 2026–2027, un paquet de 90 milliards d’euros a été approuvé, dont environ deux tiers pour la défense et le reste pour le soutien budgétaire et social.

Parallèlement, les efforts pour accélérer l’intégration de l’Ukraine à l’UE se poursuivent, avec pour objectif d’avancer progressivement le processus de négociation jusqu’en 2027.

Les négociations à Abou Dhabi entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis n’ont pas permis de percée sur un processus de paix. Les questions territoriales et le statut de la centrale nucléaire de Zaporojié restent non résolues. Sans garanties de sécurité claires et durables, les contacts diplomatiques n’aboutissent pas. Ignorer le caractère existentiel de cette guerre crée des illusions dangereuses. Les compromis acceptables dans des conflits interétatiques ordinaires signifient ici la légitimation de la destruction d’une nation souveraine et démontrent que l’agression reste impunie. C’est pourquoi toute décision ne garantissant pas la sécurité et la survie de l’Ukraine en tant qu’État est inacceptable.

Cette guerre affecte la confiance dans les traités internationaux de non-prolifération, les garanties de sécurité pour d’autres États et la volonté de la communauté mondiale d’intervenir en cas d’agression. Le futur système de sécurité inclura soit l’Ukraine comme élément de dissuasion, soit perdra sa crédibilité. Les « zones grises » n’existent plus — elles ne font que provoquer de nouveaux conflits.

La quatrième année de guerre a montré que l’Ukraine est capable de tenir même dans les pires conditions. Cependant, la question est désormais globale : le monde est-il prêt à investir dans une paix juste et durable, plutôt que dans une gestion interminable de la crise ? L’Ukraine a payé un prix trop élevé pour que cette guerre se termine par un « compromis fatigué ». L’issue déterminera non seulement l’avenir de l’Ukraine, mais aussi les règles du jeu dans un monde où la guerre est redevenue un instrument de politique. En l’absence d’un soutien décisif, le risque de transformer l’Ukraine en « conflit gelé » pourrait créer un précédent dangereux pour le monde entier, signalant que l’agression contre les démocraties peut rester impunie.

Si un pays ayant renoncé à l’arme nucléaire peut devenir la cible d’une agression à grande échelle sans conséquences stratégiques pour l’agresseur, cela sape la confiance dans l’ensemble du système de garanties internationales.

Quatre ans de guerre ont dissipé les illusions. Ce n’est pas une guerre pour un compromis temporaire — c’est une lutte pour la survie. Pour l’Ukraine — littéralement. Pour le monde — un test de principe : aucune nation ne peut être détruite par la force.

L’issue de cette guerre déterminera non seulement l’avenir de l’Ukraine, mais aussi les normes du droit international dans un monde où la guerre est redevenue un instrument de politique.

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *