Axel Mazolo est directeur du Geneva Institute for Artificial Intelligence Governance (GAIGI). Fort de plus de vingt ans d’expérience dans le secteur financier, il œuvre aujourd’hui à structurer des cadres de gouvernance de l’intelligence artificielle fondés sur la confiance, la transparence et la compréhension des usages. Basé à Genève, le GAIGI s’inscrit au cœur des réseaux internationaux pour répondre aux enjeux contemporains liés à l’IA, à l’information et à la prise de décision stratégique.
Vous êtes intervenu au Forum de Davos lors d’une conférence consacrée à la confiance dans l’information climatique et environnementale. Pourquoi cette intervention était-elle importante ?
Davos est un espace où se rencontrent les grands décideurs mondiaux. Être invité à intervenir dans ce cadre montre que la question de la gouvernance de l’intelligence artificielle est désormais reconnue comme stratégique. Dans un contexte de crises climatique, environnementale et informationnelle, la confiance dans la donnée et dans la science est devenue un bien public essentiel.
Quel message avez-vous souhaité faire passer ?
Un message simple : on ne peut pas gouverner ce que l’on ne comprend pas. L’IA transforme profondément la manière dont l’information est produite, diffusée et utilisée. Sans cadre clair, sans compréhension des données, des usages et des objectifs, la confiance s’érode. La gouvernance de l’IA est une condition indispensable pour rendre l’information fiable, compréhensible et utile à la décision.
Cette conférence réunissait des profils très variés. Que révèle cette diversité ?
Elle montre que ces enjeux dépassent largement la technologie. La confiance dans l’information concerne la science, la sécurité, les médias, les institutions et les entreprises. Le fait que des représentants de l’UNESCO, du monde académique, des médias, de la finance et du climat soient réunis autour de cette question est très révélateur : nous avons besoin d’une approche collective et transversale.
Où en est aujourd’hui le développement du GAIGI ?
Le Geneva Institute for Artificial Intelligence Governance poursuit activement son développement. Notre ambition est de nous connecter aux réseaux existants — institutions internationales, entreprises, centres de recherche, régulateurs — pour construire des cadres concrets de gouvernance et, à terme, des standards et certifications en IA. Ce projet est une réponse directe aux enjeux actuels de confiance, de transparence et de prise de décision à long terme.
Votre présence à Davos marque-t-elle une reconnaissance de cette initiative ?
Oui. Être présent à Davos atteste de la pertinence et de l’importance du travail engagé. Cela confirme que la gouvernance de l’IA n’est plus un sujet prospectif, mais un levier essentiel pour répondre aux défis de notre époque.